samedi 25 août 2012

Le vote stratégique


Arrive toujours dans une campagne électorale où on demande aux électeurs de voter de façon stratégique. On appelle ainsi à un vote qui serait basé sur un désir de réunir les forces de contestation plutôt que de les diviser. Si cette idée de vote stratégique peut avoir une certaine logique lorsqu’on intellectualise les intentions de vote, elle passe difficilement le test de la réalité du terrain.
Premièrement, on voit rarement une lutte à trois quand on regarde comté par comté. On remarque plutôt une multiplication de courses à deux. On considère rarement le troisième joueur comme une source de division. Rien ne nous interpelle donc à voter de façon stratégique.

Deuxièmement, les électeurs ont tendance à voter dans le sens de ce qu’ils aiment plutôt que de se boucher le nez pour voter pour une formation qu’ils n’aiment pas simplement pour faire perdre un autre parti qu’ils aiment encore moins.  Cette logique du moins pire tient rarement la route.

Troisièmement, un appel au vote stratégique relève plus de votre incapacité de gagner par vos propres moyens que d’une analyse fine issue d’une politique-fiction où les électeurs sont de fins stratèges. On ne vous écoute donc pas. Vous voyez, pas besoin de Batman.



vendredi 24 août 2012

Les rassemblements partisans


Après les débats s’amorcent les grands rassemblements partisans. Vous vous demandez peut-être pourquoi réunir des centaines de personnes qui sont déjà acquises à votre cause dans une même salle. Ne serait-il pas plus efficace que ces derniers œuvrent à gagner l’élection plutôt qu’à faire la fête?

Il y a plusieurs bonnes raisons de se rassembler le temps d’une soirée. D’abord, l’essoufflement de vos troupes commence à se faire sentir après plusieurs jours de campagne. Ce type de grande soirée peut certainement donner de l’énergie aux militants qui y participent. 

Ensuite, les images de cette soirée envoient deux messages importants. Le premier s’adresse à ceux et celles qui supportent votre formation politique. Ils se réconforteront de voir la popularité et la vivacité de votre organisation. Le deuxième message est pour vos adversaires. Une soirée réussie peut intimider vos adversaires en leur faisant comprendre que vous êtes un adversaire de taille. 

Finalement, les grands rassemblements lancent le dernier droit de la campagne sur des bases positives. Ils peuvent même effacer le blues des difficiles lendemains de débats.

Au-delà de tout ça, la politique se fait encore avec des humains. Il est donc normal de se garder du temps pour se rassembler, rire, chanter et danser.


jeudi 23 août 2012

Les candidats vedettes


Quand les sondages sont bons, le chef passe plusieurs repas à rencontrer les futurs candidats vedettes (les intellectuels, les artistes, les entrepreneurs prospères, les porte-parole de groupe d’intérêt et autres figures connues). Les vertus de votre formation politique et le sens de l’engagement vers le bien commun sont des sujets que ces personnes veulent aborder. Cependant, quand les intentions de vote sont moins évidentes, les retours d’appels sont plus rares. Ceux qui vous parlent abordent immanquablement les sujets comme le resserrement du cheminement de carrière et les impératifs familiaux.

Je pourrais vous dire que vous n’avez pas besoin de ce genre d’opportunistes qui se rapprochent et s’éloignent au gré des sondages. Que vous devez nous éloigner des gens qui semblent vouloir profiter de votre formation politique pour faire la promotion de leur petite personne. La réalité est plus complexe. D’abord, la plupart des « vedettes » ne sollicitent pas d’autres formations politiques. Ils ont de réelles accointances avec vos valeurs et votre programme (c’est la moindre des choses). Ensuite, dans un parti politique, vous savez que l’apport de tous est important et qu’il n’y a pas de petits ou de grands rôles. Vous savez aussi qu’un de ces rôles est celui de candidat vedette.

Si vous voulez gagner une élection, vous devez entre autres aligner une série de candidats dont le nom possède une certaine résonnance dans la population. Ces derniers apporteront à votre formation politique une certaine notoriété. Qui profite de qui?


mercredi 22 août 2012

Félixe a quatorze ans!


C’est la fête de ma plus vieille aujourd’hui. J’étais attaché politique quand celle qui fait de moi un père s’est pointé le bout du nez. J’étais toujours parti ici et là, et quand j’étais de passage à la maison, je rentrais tard et partais trop tôt pour la voir et profiter de ses moments d’éveil.  J’allais donc la prendre en pleine nuit pour la bercer pendant de longues minutes. Je ne pouvais tout simplement pas m’arrêter de la regarder. Un pur moment de joie, de bonheur et de plénitude. Mes nuits qui étaient déjà trop courtes raccourcissaient encore plus, mais mon sourire de père devait cacher facilement mes cernes.

La chanson qui roulait sans cesse dans toutes les stations de radio était celle d’Aérosmith «I Don’t Wanna Miss a Thing ». Sa mère en avait même fait sa berceuse officielle.  Pour ma part je me la chantais silencieusement à la lueur de sa veilleuse « Je ne veux pas fermer mes yeux. Je ne veux pas m’endormir parce que je m’ennuierais et je ne veux rien manquer ». Ce refrain s’appliquera tellement souvent depuis. Et il s’appliquera encore longtemps j’en suis convaincu.

Bonne fête ma grande! Bonne fête mon bébé!


mardi 21 août 2012

Les candidats de l'ombre


Si vous voulez que tous les électeurs puissent choisir votre formation politique, vous devez présenter 125 candidats (un par circonscription électorale). Il vous en faudra 63 d’entre eux qui se fassent élire pour que vous puissiez constituer un gouvernement majoritaire. De ce nombre, seulement une vingtaine deviendront ministres. Comme dans bien des choses, c’est la force du nombre qui permet à quelques-uns de briller.

Vous avez donc besoin de ces candidats de l’ombre. Ceux qui se présentent dans des circonscriptions perdues, mais aussi ceux qui se deviendront député sachant qu’un porte-feuille n’est pas à portée de main. C’est grâce à eux que vos vedettes quitteront leur salon pour venir s’exprimer dans celui qui est tout bleu à Québec.

Nous étions à la recherche de ce genre de joueur pour combler les places encore vacantes. On m’a alors demandé quels profils je recherchais. Ma réponse fut la suivante : « Je cherche des désiseux, des semeux, des gros laboureux. Je cherche des guerriers fiers même la tête baissée. Des déjoueurs de menterie, des aideurs de mal pris… Heille! Ma gang de malades, vous êtes donc où? » Tout le monde s'est alors mit à rire. Un coup la rigolade terminée, nous savions tous que ce type de candidats était plus difficile à trouver que nos vedettes.