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mercredi 5 septembre 2012

Dernier carnet de campagne


La campagne électorale est finie. Ma participation à titre d’analyste politique à Vtélé aussi. Je peux donc retourner à mes REER, mais surtout, à mes confusions musicales les plus étranges sur mon blogue. Je dois cependant avouer qu’une saucette de 35 jours dans le tourbillon de la politique m’a fait du bien. J’ai une réelle passion pour ce sport extrême. Puisque nous sommes dans les confessions, je dois aussi vous dire que ma soirée électorale m’a confirmé qu’un retour en politique active n’est pas pour bientôt.

Faut dire que j’étais dans Gouin hier. J’avais choisi de passer la soirée électorale avec mes amis proches plutôt qu’avec ma grande famille politique. Je ne me suis pas déplacé dans Gouin pour célébrer la victoire, mais bien pour être présent dans la défaite. Malgré de grands espoirs, la cruauté du résultat est venue nous confirmer que la loyauté n’est pas la première qualité de l’électorat.

Ajoutons à tout ça une très courte victoire du PQ, une pluie abondante et une fusillade. Je n’ai pas dormi de la nuit. Je ne suis vraiment pas fait pour vivre dans ce monde-là. Dès demain, je retourne dans le confort de mon indifférence. Du moins, jusqu’à la prochaine campagne…


mardi 4 septembre 2012

Le grand soir


Les bureaux de vote sont fermés. La campagne est terminée. Le sort en est jeté. Même si vous êtes le chef de toute une formation politique, pour le début de la soirée, vous êtes avec votre famille et vous écoutez la soirée électorale. Vous vous croisez les doigts. Vos deux discours sont prêts. Vous attendez de voir les résultats.

Et c’est alors que l’impossible se réalise devant vos yeux, vous venez de gagner les élections! Tout se bouscule. D’abord, vous fêtez un peu avec vos proches, mais rapidement, les appels téléphoniques se succèdent. L’un d’eux est celui de l’ancien premier ministre. Il vous téléphone pour vous féliciter, mais aussi pour vous concéder la victoire (un rituel hautement symbolique, mais combien important). La plupart des chefs de partis se parleront ce soir-là. 

Pour ce qui est de la séquence des discours, habituellement tous s’entendent pour procéder du plus petit résultat au plus grand. Vous parlerez donc dernier. Vous connaissez donc l’heure approximative de votre arrivée auprès de vos militants. Effectivement, une salle comble vous attend pour vous écouter donner votre discours de victoire. Vous vous adressez à vos militants, mais aussi à tout le Québec. Vous êtes premier ministre maintenant.

Et si vous pensiez que la campagne électorale était difficile, les mois qui vont suivre seront bien pires.


lundi 3 septembre 2012

Le jour J


Demain sera le dernier jour des élections 2012. Ceux qui pensent que 35 jours c’est court pour choisir un gouvernement n’ont visiblement jamais fait de campagne électorale. Ce que nous appelons « le jour J » fut préparé depuis le début de la campagne. Vous avez fait des milliers d’appels téléphoniques pour connaître l’intention des gens. Vous vous êtes présenté de porte en porte pour convaincre les indécis et augmenter vos chances de gagner.

Le jour du scrutin, vous mettez toute votre machine électorale à vous assurer que votre pointage partisan se transforme en vote favorable dans les urnes. De son côté, le candidat fera la tournée des bureaux de scrutin pour remercier les personnes qui donneront leur journée pour que s’exprime notre démocratie.

Un coup la journée terminée, les militants se regroupent pour célébrer la fin de la campagne. Pour ce qui est du candidat, il passera quelques heures avec sa famille et quelques amis sachant que quoi qu’il arrive, c’est dernier seront là demain. Alors que s’estompe le stress de la campagne, arrive en force l’angoisse des résultats. Le décompte peut commencer…

(Demain, je vous parlerai de la soirée électorale.)



dimanche 2 septembre 2012

Le grand livre


Dans le parlementarisme britannique, plusieurs règles demeurent non écrites. On appelle ces règles « le grand livre ». Impossible de le lire, vous devez l’expérimenter. Selon le grand livre, vous devez notamment nommer les ministres parmi les députés, ne pas présenter de candidat dans une élection partielle qui sert à faire élire le chef d’un autre parti et ne pas faire campagne dans la circonscription des autres chefs. Respecter ces coutumes relève de la gentilhommerie et du franc jeu plus que du cahier de règlements.

Malheureusement de nos jours cette gentilhommerie ne semble plus exister. Ce faisant, la politique prend des airs de bataille de ruelle où tous les coups semblent permis. Je ne dis pas qu’il est impossible de réécrire le grand livre, je me questionne seulement sur l’apport positif de la réécriture.

Comment demander aux citoyens d’apporter une certaine considération aux politiciens quand ces derniers ne semblent pas en avoir pour eux-mêmes? Le grand livre est donc ni plus ni moins qu’un code de vie. Ne pas le respecter vous aidera peut-être à gagner, mais peut aussi faire perdre des plumes à l’ensemble de la classe politique.




samedi 1 septembre 2012

Les femmes en politique


Dans les partis politiques, encore beaucoup trop de femmes se retrouvent à faire les boulots d’organisation et de secrétariat tout en demeurant humbles et effacées. Même si la réussite d’un événement dépend souvent de l’implication discrète d’une femme, ce sont souvent les hommes qui se feront remarquer au cours de ce même événement.

De plus, ce sont les hommes qui font le plus connaître leur intérêt à faire de la politique. Pour les femmes, non seulement il faut généralement aller vers elles, mais en plus, nous devons argumenter pour les convaincre qu’elles ont bel et bien tous les talents et les compétences pour se porter candidate.

Ainsi, pour parvenir à une égalité homme femme dans toutes les sphères de la vie politique, il faut d’abord avoir la conviction profonde que seule cette égalité constitue un gage de compétence optimale. En effet, les femmes étant aussi compétentes que les hommes, 30% de femmes dans un milieu signifie nécessairement qu’il y a perte de compétence.

Ensuite, il faut utiliser tous outils et user de toutes les stratégies et techniques possibles. (structure paritaire dans les organisations, assemblée délibérante plus consensuelle, démarche particulière pour faire lever des candidatures…)

Finalement, il ne faut pas minimiser l’impact des modèles et des images fortes pour construire un imaginaire où tout devient possible. Et dire que nous sommes enfin collectivement arrivés à cette étape.

vendredi 31 août 2012

La campagne sur les réseaux sociaux


Je me suis arrêté sur la place de la campagne électorale dans les différents médias sociaux. J’avais beaucoup d’attentes car j’avais encore en tête l’originalité de la mobilisation virtuelle du printemps érable. Chaque journée apportait une nouveauté ou un étonnement. Les réseaux sociaux n’étaient pas en reste. Je me délectais chaque jour d’un clip, d’une image ou d’un buzz qui faisait rire et réfléchir.  Cette mobilisation a apporté de la lumière et de l’humanité dans une métropole sombre et somnolente.

Quand la campagne électorale a débuté, j’espérais donc que les organisations politiques avec leurs ressources et leurs milliers de membres nous proposeraient sur les réseaux sociaux une campagne électorale innovante et colorée. DÉ-CEP-TION. Sur Facebook et sur Twitter nous avons malheureusement assisté à une campagne électorale morne et babouneuse.  À force de vouloir contrôler, cibler et radoter leur message, les partis politiques ont oublié d’épater, de surprendre et de contaminer.


jeudi 30 août 2012

Confession électorale


J’ai une petite confession à vous faire; une confession politique de campagne électorale. Je suis candidat du Parti Québécois dans Joliette pour l’élection de 2003. Au même moment, la compagnie Labatt lance une campagne publicitaire à saveur électorale. Un faux candidat nous invite à voter pour le fun. Ce dernier se nomme Jonathan Bleue. Ceci apportera une certaine confusion à Joliette parce que je suis le candidat des bleus et je me nomme Jonathan.
Arriva ce qui devait arriver. Dans le cadre de ma campagne, une de mes activités était de faire la tournée des bars pour aller y croiser les jeunes dans leur habitat naturel. Plusieurs jeunes venaient me voir en me demandant si j’étais LE Jonathan Bleue. On me demandait si Labatt avait sciemment organisé sa campagne de pub pour aider mon élection. Il est clair que je n’avais rien à voir avec tout ceci, mais ma tournée des bars en fut une de rock star. En blague, on m’annonçait comme Jonathan Bleue. À la fin de ma tournée des bars, je savais que je venais de marquer l’imaginaire de la jeune génération.

Ma confession; je n’ai jamais comptabilisé les publicités de Labatt dans mes dépenses électorales même si ces dernières m’ont fait passer une très belle soirée.


mardi 28 août 2012

Les prédictions


Un des moments les plus loufoques de la campagne électorale est certainement celui où nos grands analystes se transformeront en Jojo Savard pour nous donner leurs prédictions sur les résultats du scrutin. Aidé par les plus récents sondages ainsi que les multiples analyses qui font des projections comté par compté, région par région, nos sérieux journalistes iront de leurs prédictions les plus plates.

Étant moi-même analyste politique à V le midi, je ne suis pas en reste et tente de vous offrir le fruit de mes plus récentes réflexions. Je dois dire que je possède une arme que les autres n'ont pas pour prédire l'avenir. En effet, Nostradapod demeure un engin de prédiction dévastateur. Il faut simplement interpréter correctement son message. J'ai donc posé la question suivante à mon iPod "Qui gagne les élections québécoises du 4 septembre 2012?" Sa réponse fut Breed de Nirvana.

La chanson commence avec Cobain qui nous dit "I don't care. I don't care. I don't care. I don't care." Mon iPod me dit-il qu'il ne s'intéresse pas à la politique? Et s'il me disait que les abstentionnistes seront encore les plus nombreux cette année. Ma prédiction est donc la suivante; l’indifférence terminera première. J'espère que j'interprète mal.


lundi 27 août 2012

Le vote par anticipation.


Je me souviens d’un temps où le vote par anticipation n’était possible que pour les organisateurs politiques et les gens qui faisaient la preuve qu’ils ne pourraient pas voter le jour du scrutin. De nos jours, les choses ont bien changé et les organisations politiques mettent tout en œuvre pour atteindre un haut niveau de participation une semaine avant la fin de la campagne.

Ainsi, les deux jours de vote par anticipation sont comme une répétition avant le jour J. (une générale avant la générale) L’organisation du comité électoral fait un rodage de son organisation. Les téléphonistes, les accompagnateurs, les voituriers, les scrutateurs, les runners et tous les autres vont se mettre à l’œuvre. Le DOC (directeur de l’organisation de campagne) prendra des notes de ce qui va et ce qui ne va pas. Tout devra être réglé pour le grand jour.

Après les deux jours, on regarde le pourcentage de gens qui sont allés voter. Ceci nous donne une bonne idée de ce qui se passera le jour du vote. On ajuste alors nos stratégies de pointage pour nous assurer de sortir correctement le vote et finir avec une victoire. 

Je suis allé voter, et vous ?






dimanche 26 août 2012

Celle qui vous accompagne


Il y a quelques jours, une de mes lectrices assidues (ma mère) me disait qu’elle attendait avec impatience mon carnet de campagne sur la réalité des conjointes des candidats. J’étais à préparer mon papier quand mes yeux se sont arrêtés sur une nouvelle qui mettait en vedette la conjointe du premier ministre, notre Michou nationale (toujours aussi belle après neuf longues années). Cette dernière avait organisé une grande réunion militante pour encourager son homme.

Il n’est pas rare de voir le conjoint ou la conjointe d’un candidat s’impliquer dans une campagne. Après tout, c’est toute la famille qui se lance en politique quand l’un d’eux décide d’y aller. Ainsi, en plus de s’occuper seule de la maison et des enfants pour 35 jours, la conjointe du candidat trouve toujours du temps pour s’impliquer dans votre campagne. Elle vous accompagne dans vos soirées un peu plus sociales. Elle passe à votre local électoral avec des biscuits et des beignes pour les militants. Toujours souriante et accessible, elle parle de votre passion à ceux et celles qui veulent en savoir un peu plus sur vous.

La nuit, quand vous passez à la maison pour y dormir quelques heures, elle vous donne des nouvelles de vos enfants. Le jour, quand vous n’êtes pas là, elle parle de vous à vos amours, histoire de faire comme si vous étiez un peu présent.  

Finalement, la femme qui vous accompagne est celle qui apporte un peu d’humanité, du moins, selon mon expérience.


samedi 25 août 2012

Le vote stratégique


Arrive toujours dans une campagne électorale où on demande aux électeurs de voter de façon stratégique. On appelle ainsi à un vote qui serait basé sur un désir de réunir les forces de contestation plutôt que de les diviser. Si cette idée de vote stratégique peut avoir une certaine logique lorsqu’on intellectualise les intentions de vote, elle passe difficilement le test de la réalité du terrain.
Premièrement, on voit rarement une lutte à trois quand on regarde comté par comté. On remarque plutôt une multiplication de courses à deux. On considère rarement le troisième joueur comme une source de division. Rien ne nous interpelle donc à voter de façon stratégique.

Deuxièmement, les électeurs ont tendance à voter dans le sens de ce qu’ils aiment plutôt que de se boucher le nez pour voter pour une formation qu’ils n’aiment pas simplement pour faire perdre un autre parti qu’ils aiment encore moins.  Cette logique du moins pire tient rarement la route.

Troisièmement, un appel au vote stratégique relève plus de votre incapacité de gagner par vos propres moyens que d’une analyse fine issue d’une politique-fiction où les électeurs sont de fins stratèges. On ne vous écoute donc pas. Vous voyez, pas besoin de Batman.



vendredi 24 août 2012

Les rassemblements partisans


Après les débats s’amorcent les grands rassemblements partisans. Vous vous demandez peut-être pourquoi réunir des centaines de personnes qui sont déjà acquises à votre cause dans une même salle. Ne serait-il pas plus efficace que ces derniers œuvrent à gagner l’élection plutôt qu’à faire la fête?

Il y a plusieurs bonnes raisons de se rassembler le temps d’une soirée. D’abord, l’essoufflement de vos troupes commence à se faire sentir après plusieurs jours de campagne. Ce type de grande soirée peut certainement donner de l’énergie aux militants qui y participent. 

Ensuite, les images de cette soirée envoient deux messages importants. Le premier s’adresse à ceux et celles qui supportent votre formation politique. Ils se réconforteront de voir la popularité et la vivacité de votre organisation. Le deuxième message est pour vos adversaires. Une soirée réussie peut intimider vos adversaires en leur faisant comprendre que vous êtes un adversaire de taille. 

Finalement, les grands rassemblements lancent le dernier droit de la campagne sur des bases positives. Ils peuvent même effacer le blues des difficiles lendemains de débats.

Au-delà de tout ça, la politique se fait encore avec des humains. Il est donc normal de se garder du temps pour se rassembler, rire, chanter et danser.


jeudi 23 août 2012

Les candidats vedettes


Quand les sondages sont bons, le chef passe plusieurs repas à rencontrer les futurs candidats vedettes (les intellectuels, les artistes, les entrepreneurs prospères, les porte-parole de groupe d’intérêt et autres figures connues). Les vertus de votre formation politique et le sens de l’engagement vers le bien commun sont des sujets que ces personnes veulent aborder. Cependant, quand les intentions de vote sont moins évidentes, les retours d’appels sont plus rares. Ceux qui vous parlent abordent immanquablement les sujets comme le resserrement du cheminement de carrière et les impératifs familiaux.

Je pourrais vous dire que vous n’avez pas besoin de ce genre d’opportunistes qui se rapprochent et s’éloignent au gré des sondages. Que vous devez nous éloigner des gens qui semblent vouloir profiter de votre formation politique pour faire la promotion de leur petite personne. La réalité est plus complexe. D’abord, la plupart des « vedettes » ne sollicitent pas d’autres formations politiques. Ils ont de réelles accointances avec vos valeurs et votre programme (c’est la moindre des choses). Ensuite, dans un parti politique, vous savez que l’apport de tous est important et qu’il n’y a pas de petits ou de grands rôles. Vous savez aussi qu’un de ces rôles est celui de candidat vedette.

Si vous voulez gagner une élection, vous devez entre autres aligner une série de candidats dont le nom possède une certaine résonnance dans la population. Ces derniers apporteront à votre formation politique une certaine notoriété. Qui profite de qui?


mardi 21 août 2012

Les candidats de l'ombre


Si vous voulez que tous les électeurs puissent choisir votre formation politique, vous devez présenter 125 candidats (un par circonscription électorale). Il vous en faudra 63 d’entre eux qui se fassent élire pour que vous puissiez constituer un gouvernement majoritaire. De ce nombre, seulement une vingtaine deviendront ministres. Comme dans bien des choses, c’est la force du nombre qui permet à quelques-uns de briller.

Vous avez donc besoin de ces candidats de l’ombre. Ceux qui se présentent dans des circonscriptions perdues, mais aussi ceux qui se deviendront député sachant qu’un porte-feuille n’est pas à portée de main. C’est grâce à eux que vos vedettes quitteront leur salon pour venir s’exprimer dans celui qui est tout bleu à Québec.

Nous étions à la recherche de ce genre de joueur pour combler les places encore vacantes. On m’a alors demandé quels profils je recherchais. Ma réponse fut la suivante : « Je cherche des désiseux, des semeux, des gros laboureux. Je cherche des guerriers fiers même la tête baissée. Des déjoueurs de menterie, des aideurs de mal pris… Heille! Ma gang de malades, vous êtes donc où? » Tout le monde s'est alors mit à rire. Un coup la rigolade terminée, nous savions tous que ce type de candidats était plus difficile à trouver que nos vedettes.


lundi 20 août 2012

Et le gagnant est...


Qui a gagné le débat? Comme dans toutes choses, ça dépend des critères d’évaluation. Si vos critères relèvent de l’agréable surprise, vous donnez la palme à Françoise David. Vous préférez la combativité, François Legault est votre gagnant. Jean Charest se classe premier si vous faites l’analyse inversée du type « celui qui avait le plus à perdre ». La victoire est à Pauline Marois, si vous cherchiez la personne qui vous inspire le plus confiance.

Dans mon texte d’hier, je vous faisais mention de mon prisme d’analyse. Je vous disais que « le but est de déstabiliser vos adversaires, mais surtout, profiter du débat pour semer les graines qui alimenteront les nouvelles des prochains jours. » Selon ce prisme, qui est le gagnant? Faudra voir, trois autres débats sont encore à venir, mais d’entrée de jeu, Jean Charest et son rapport Moisan, François Legault et ses médecins de famille semblent mieux positionnés, et ce même si je considère que les femmes ont eu un meilleur débat que les hommes. De toute façon, les spins des partis politiques s’occuperont de nous dire pourquoi leur candidat a été le meilleur.

Pour le reste, la deuxième moitié de la campagne est commencée, les grandes soirées militantes s’organiseront pour redonner ou poursuivre l’élan du débat. Des bains de foule sont donc à prévoir pour galvaniser les organisations et terminer en force ce marathon électoral.

Une chanson des Spin Doctors pour nos deux princes du débat… ça ne s’invente pas.


dimanche 19 août 2012

Le débat


C’est le grand soir ce soir. Vous vous êtes préparé et avez tenté de vous reposer depuis deux jours. Vous êtes arrivé à la station de télé depuis des heures pour vous assurer que le lutrin est à la bonne hauteur, que votre voix est parfaite dans le micro et que votre teint est impeccable dans l’éclairage du studio. Vous avez croisé vos adversaires avec la plus grande politesse (caméra oblige).

Vous avez demandé à toute votre équipe de candidats un silence radio pour la journée. Seulement ceux dont la sortie est prévue peuvent se présenter devant les médias aujourd’hui. Malgré toutes ces précautions, votre équipe s’est quand même assurée de recueillir tous les propos du jour de vos candidats. Il n’est pas le temps d’apprendre en plein débat qu’un des vôtres a fait une méga boulette. Vous tentez aussi de savoir si vos adversaires ont quelque chose de nouveau à vous mettre sous la dent.

Indépendamment de tout ceci, vous avez une ou deux surprises dans votre manche; des propos inédits et des révélations nouvelles. Le but est de déstabiliser vos adversaires, mais surtout, profiter du débat pour semer les graines qui alimenteront les nouvelles des prochains jours. Votre but n’est donc pas de gagner ce soir, mais de tenter de mettre en place ce soir le chemin de votre victoire le soir des élections.


samedi 18 août 2012

La retraite fermée des chefs


En ce beau samedi, les chefs font relâche et se préparent pour le débat de dimanche. Point central dans la campagne, le débat des chefs constitue pour certains électeurs le seul moment d’intérêt de l'élection. Il ne faut donc pas manquer son passage. C’est dans cet objectif que les leaders se préparent. Oubliez ce que vous avez entendu sur ce sujet, il n’y a pas un débat qui se prépare de la même façon. En d’autres mots, il y a autant de préparatifs que de chefs de parti.

Cependant, certains aspects sont incontournables; l’apparence, la maîtrise des contenus ainsi que les tirades et les répliques. Pour ce qui est de l’image, tout est décidé depuis longtemps. Au niveau des contenus, des petites révisions ici et là, mais il est illusoire de penser qu’un candidat puisse apprendre des tonnes de nouveaux contenus en 48 heures.

Reste donc les tirades et les répliques. Les envolées accusatoires, déclaratives, affirmatives et émotives se préparent. Elles ne sont pourtant pas différentes de celles que vous avez répétées depuis des semaines, mais elles doivent être parfaitement maîtrisées. Pour ce qui est des répliques, que ce soit par le biais d’une simulation ou d’un remue-méninges, vous devez tenter de tout prévoir. Encore ici, vous connaissez vos adversaires et leurs tirades, à moins d’une surprise, vous avez déjà eu à vous défendre.

Alors, pourquoi 48 heures de préparation? Et si c’était deux jours de décrochage et de décompression pour changer de rythme et faire une pause de la foire médiatique. Des journées importantes pour retrouver votre santé et acuité intellectuelle. C’est ce dont vous aurez besoin le plus pendant les longues heures du débat. 


vendredi 17 août 2012

Le comité stratégique


Tous les candidats ont un petit groupe de personnes avec qui ils regardent les grandes orientations de la campagne. Une de ces personnes est votre DOC (directeur de l’organisation de la campagne). Il est le chef d’orchestre. C’est à lui, et à lui seul que vous parlez de ce qui va et ne va pas. Vous avez aussi votre responsable de l’agenda. Ce dernier est le gardien du temps, votre temps. Il maximise toutes vos minutes. Vous avez aussi votre responsable des communications. Celui-ci s’occupe du contenu de vos présences médiatiques, publicitaires et de la conception de vos dépliants promotionnels. Vous avez finalement le grand manitou du pointage et des bénévoles. Un genre de directeur des ressources humaines qui s’assure que tout le travail organisationnel (pointage, affichage, distribution) soit fait au rythme où il doit être fait.

Regardez cette photo du député sortant Nicolas Girard (PQ Gouin) avec son équipe. Une image vaut réellement mille mots.
Comme vous voyez, autour du comité stratégique, il n’y a pas de personnage sombre en habit noir fumant la cigarette dans un coin. La politique se fait encore avec du vrai monde, avec peu de ressources, mais avec beaucoup de conviction et de cœur à l’ouvrage. Pour ma part, j’étais entouré d’une organisatrice communautaire, un retraité du milieu culturel, une ancienne enseignante et un ambulancier. Dans ce comité stratégique, j’étais le seul diplômé de science politique. Je peux admettre aujourd’hui qu’un deuxième aurait été de trop.


jeudi 16 août 2012

Ah la boulette!


Les gaffes sont courantes en politique; des mots mal utilisés, une pensée mal nuancée, une réponse rapide à une question tendancieuse, une réplique forte, des tweets irréfléchis (les réseaux sociaux constituent une vraie pépinière à gaffes), des propos que vous pensiez privés, un humour trop noir, une accusation trop prompte… La liste est interminable, tellement interminable qu’aucune campagne électorale n’est sans erreurs.

Connaissant cela, il est fascinant de voir les équipes électorales travailler à esquiver, récupérer et dégonfler les gaffes de ses candidats. Il est cependant encore plus fascinant de voir les mêmes équipes tenter de provoquer, profiter et amplifier les faux pas des adversaires. La grosseur de la gaffe relève donc de votre capacité à la récupérer et de l’habileté de votre adversaire à s’en indigner. La politique n’est-elle pas l’art de s’indigner?

Encore ici, il y a une autre règle non écrite; ne jamais jeter de l’huile sur le feu d’une gaffe d’un candidat mineur (du genre de celui qui se présente dans un comté perdu d’avance). Vous évitez ainsi que vos adversaires en fassent de même avec les vôtres. Cependant, vous multipliez les possibilités de bourdes en multipliant les candidats en vedette et les comptes Twitter. Dans ce contexte, pas étonnant que les chefs invitent les journalistes à les suivre en autobus.  

Oui, oui, du Madonna... c'est ça fête aujourd'hui ;)


mardi 14 août 2012

Le "humain interest"


Dans chaque campagne, les médias sont intéressés par l’homme ou la femme qui se cache derrière le politicien ou la politicienne.  On appelle ça du « humain interest ». Au-delà des idées, des programmes électoraux et des enjeux qui touchent la campagne, il arrive toujours le moment où on vous demande de parler de vous. Faites bien attention à ce que vous dévoilez.

Ce qu’il faut savoir, c’est qu’il y a une règle non écrite qui fait en sorte que la vie privée des politiciens est respectée par les journalistes et ce, même si ces derniers savent tout sur nous. Cependant, si vous faites le choix de mettre certains éléments de votre vie privée à l’avant-scène pour aller chercher une certaine forme de sympathie, vous permettez aux journalistes de référer à ces éléments de votre vie. Ainsi, parler de votre femme, vos enfants ou même de vos petites habitudes ouvrent la porte aux observateurs politiques de parler de tout ceci.

N’oubliez jamais; une fois que vous invitez Dracula dans votre maison, il peut y entrer comme bon lui semble.