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samedi 12 mai 2012

La maturité de la jeunesse


À la demande générale de mes deux filles qui l’avaient vu la veille, je suis allé au théâtre hier soir. La pièce se nomme Fœtus Animae (vie) et elle était jouée (et créée) par les élèves de 5e secondaire de la concentration théâtre de l’école.

Cette œuvre aux allures de conte philosophique nous fait découvrir ce que pourrait être la vie si nous étions tantôt intelligents, tantôt courageux ou tantôt sensibles et créatifs. Nous aurions des vies bien différentes, mais partagerions une même quête du bonheur et un même destin ultime, la mort.

Au-delà de la pièce, les jeunes comédiens, flanqués de leurs carrés rouges, en avaient long à dire sur l’injustice, la gouvernance, les médias et les tensions sociales. Leurs réponses se trouvaient tout simplement dans le bonheur, la famille, l’amitié, la création et l’amour. Une belle soirée avec des jeunes qui possèdent une maturité qui fait réfléchir.

« Quand on n’a que l’amour pour parler aux canons, et rien qu’une chanson pour convaincre un tambour. »




jeudi 5 avril 2012

Êtes-vous SWAG ?


Je me confesse, je ne suis pas « swag ». J’ai toujours pensé que je l’étais un peu, cependant mes filles, qui semblent être gardiennes de la « swaguitude », m’ont décrété non-swag.  Je ne voulais pas être « swagalicious » mais juste un peu « swaguimini ». Non. Niet. Rien à faire, je n’ai rien de swag aux yeux de mes filles. Comme elles disent, « Swag c’est LMFAO et toi papa t’es plus comme Georges Brassens ». « Oui c’est ça, t’es un peu trop brun pour être swag papa ». Ouf, ça joue dur dans ma chaumière.

Pourtant,  je fais ma barbe aux trois jours, je ne peigne pas mes cheveux et je porte des jeans le vendredi. Si ça c’est pas swag… 

Ok, je me résigne. À 41 ans, je constate que mes années de swag sont derrière moi. Quoique, ai-je déjà été swag ? J’entends mes amis d’enfance répondre à cette question en disant : « Quand le swag est passé, Valois écoutait Le Point à Radio-Canada ».

Et vous, êtes-vous swag ? Une écoute du clip qui suit et vous comprendrez qu’il est impossible d’être swag (ou d'avoir du swag) quand on a plus de 30 ans. On se contente alors d’être cool.


vendredi 23 mars 2012

Les secondaires sont dans la rue


Ma fille, qui est en deuxième secondaire, était en grève hier. Une semaine auparavant, elle avait assisté à son assemblée générale étudiante et avait voté en faveur d’une journée de débrayage le 22 mars. Les journaux ont parlé de ce vote. Je lève mon chapeau aux élèves qui ont organisé cette assemblée.  Je tiens aussi à féliciter l’équipe-école qui a supervisé la démarche des jeunes sans mépris ni paternalisme.

Quand ma fille est arrivée à la maison avec son carré rouge, j’ai presque versé une larme tellement j’étais fier. Je lui ai cependant dit : « Un vote c’est bien, mais une action c’est encore mieux. »  Elle comprenait qu’elle ne venait pas de se voter une journée de congé. Hier, elle s’est donc réveillée à 5 heures du matin avec des amis venus couchés à la maison (raison pratique, car j’habite à un coin de rue de l’école) et est partie pour l’école dès 6h pour faire du piquetage et aviser les gens qu’il n’y aurait pas de cours.  Ils étaient plus d’une 150 à piqueter. Ils chantaient « Charest tu es foutu, les secondaires sont dans la rue ».

Par la suite, les jeunes se sont déplacés ensemble au centre-ville pour venir grossir les rangs des manifestants. J’y étais aussi et malgré les problèmes de communication, nous nous sommes retrouvés et avons marché un bout ensemble. C’était une journée magnifique.



Je ne veux pas lancer un grand débat sur l’école publique ou privée, mais ce genre de journée, que je considère comme formatrice, est difficilement réalisable dans une école où les droits de scolarité sont plus élevés qu’à l’université et où la logique financière est à la base d’une certaine sélection.  De mon côté, je suis convaincu que les échanges que j’ai eus avec ma plus vieille sur les enjeux sociaux relatifs aux choix que nous faisons comme collectivité ont ajouté de la perspective aux études qu’elle entreprend avec sérieux. Bravo ma championne, je suis fier de toi !

Une petite chanson juste pour toi, pas n’importe quelle, la plus écoutée de ton iPod…



lundi 5 mars 2012

La lutte étudiante


Les étudiants manifestent contre la hausse des droits de scolarité. La chanson des Cowboy fringants "La Manifestation" peut revenir en tête pour certains.  Je dois dire que cette dernière reprend assez bien le folklore que nous retrouvons dans ce type de rassemblement. Je la trouve cependant trop méprisante envers ce geste hautement démocratique. On n’y trouve même pas un couplet pour nous dire qu’au-delà des travers, le geste demeure important. C’est peut-être trop en demander à ce groupe qui fait essentiellement de la sociologie de bistro-terrasse. (Je ne suis pas un fan comme vous pouvez voir)

Cela étant, il est dommage de voir les étudiants se mobiliser seulement quand leur portefeuille est attaqué. La lutte pour l’accessibilité à l’éducation, la liberté intellectuelle et le droit au savoir ne devrait pas seulement s’associer aux simples paiements de factures scolaires. L’enjeu est tellement plus large et les attaques tellement plus pernicieuses. Il est cependant difficile de mettre des jeunes dans la rue contre l’arrivée d’une autre chaire privée ou pour réagir à des coupures dans les choix de cours ou les programmes d’études. Pourtant, à chaque fois qu’on privatise la recherche et qu’on limite l’offre de service au savoir, on oriente les études de milliers de penseurs d’aujourd’hui et de demain. On fait silencieusement des choix sur ce qui sera retenu par les générations futures et ce qui sera oublié, ce qui est important à savoir et ce qui est de l’ordre de la futilité.

La lutte étudiante est donc fondamentale et il n’en tient qu’aux leaders étudiants de nous dire qu’elle n’est pas uniquement pour se sauver d’une facture, pas simplement pour l’accessibilité aux institutions universitaire, mais qu’elle est fondamentalement une lutte pour un choix de société.  Rappeler à l’ensemble des Québécois que c’est un enjeu qui nous concerne tous. Nous avons donc tous le devoir de nous informer, peut-être même de nous mobiliser.

En ce sens, je pense que "Libérez-nous des libéraux" de Loco Locass est plus à-propos.  Non pas parce que le simple fait de se débarrasser du gouvernement actuel constitue une solution (quoi que…), mais bien pour certains passages de cette chanson qui font appel à la mobilisation. « Les cols bleus, les cols blancs, toutes les écoles confondues. Faut se ruer dans la rue, au printemps comme une crue. Faire éclater notre ras-le-bol, une débâcle de casseroles Trêve de paroles, faites du bruit! »

Il ne me reste qu’à crier; LE 22 MARS PROCHAIN, « ENWEILLE, BOUGE ! »



dimanche 4 mars 2012

La tempête du siècle


À chaque fois que nous croisons le 4 mars, y’a toujours un babyboomer pour nous rappeler qu’en 1971, c’était la tempête du siècle.  Imagez, même leurs tempêtes de neige sont les plus grosses de l’histoire… Je n’avais pas encore un mois quand cette tempête est passée, mais on me dit qu’à mon baptême, tout le monde en parlait.

À chaque fois qu’on parle de cette tempête, la chanson Chinatown de Beau Dommage me revient en tête. « La première neige est tombée sur le Chinatown. Les rues sont glissantes. Y’a un accident au coin de St-Hubert et Jean-Talon ». Ce qui est totalement ironique puisque Beau Dommage est certainement l’expression musicale par excellence de cette génération québécoise d’après-guerre. Et comme tout ce qui vient du Baby boom d’ici est par définition meilleur que tout le reste, Beau Dommage est certainement le groupe musical du siècle 

Heureusement, nous avons changé de siècle, il ne nous reste donc qu’à établir les « plus meilleures » patentes des 100 prochaines années. Pour ce qui est de la neige, je pense que nous allons oublier ça cette année.


mardi 28 février 2012

La sauce brune


Parler de sauce brune pour moi c’est parler de bouffe réconfortante (ou de théâtre) et non de polémique sur la qualité des repas dans les CHSLD. En effet, quand je mets ce type de sauce dans mon assiette c’est comme si j’y ajoutais du bonheur. Ok, ce n’est pas à tous les repas, mais quand même, ma bonne et réconfortante sauce brune est devenue, dans le débat public, le symbole d’une forme de maltraitance de nos aînés. À ce que je comprends, nous avons des services beaucoup plus de  « type sauce » que « type poulet ».

J’ai été préposé aux bénéficiaires pendant six ans. Je travaillais surtout auprès des personnes âgées. Je vous le dis, la sauce brune n’est que la pointe de l’iceberg de la réalité de nos vieux dans les centres de soins de longue durée. L’isolement, la solitude et le délaissement ont sans doute des effets bien pires sur leur santé que le sel, le sucre et le gras. Il est cependant plus facile de pointer nos services publics quand il s’agit de la condition de nos aînés. Ça nous évite de poser les vraies questions…

Donc, quand j’ai vu ce dossier, c’est tout ça qui m’est revenu en mémoire. Une phrase est donc entrée spontanément dans ma tête: What a drag it is getting old…


mercredi 8 février 2012

Une pensée pour Dédé


C’est la semaine de prévention du suicide cette semaine.  Le lien entre la musique, les artistes et ce fléau est assez simple.  Premier exemple, en 2005, pour souligner cette semaine, les artistes d’ici nous avaient donné Pamplemousse : Album en vie. C’était une façon musicale de sensibiliser la population à cette réalité encore trop souvent occultée.

Deuxièmement, ceux de ma génération savent que parler de suicide nous fait rapidement parler de la mort par suicide de deux de nos idoles musicales : Dédé Fortin (Colocs) et Kirt Cobain (Nirvana).  À près de 6 ans d’intervalle, deux des plus importantes icônes de ma génération s’enlevaient la vie. En d’autres mots; mes phares erraient malheureusement à travers des brumes.

En cette semaine importante, j’ai pensé vous proposer ma chanson préférée des Colocs : « Juste une petite nuite ». Pas très réjouissant comme chanson, mais bon… elle est tellement bonne.

Une petite question en terminant, c’est quand la dernière que vous avez téléphoné un vieux copain pour prendre des nouvelles ?