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jeudi 7 novembre 2013

Merci Louise !

Richard Bergeron et Louise Harel ont fait leurs adieux politiques cette semaine. Triste nouvelle. Nous perdons deux personnes intègres, tournées vers le bien commun et possédant un sens de l’engagement dénudé de tout intérêt personnel. Des idéalistes chacun à leur manière. Même si nous savons qu’une belle relève se pointe à l’horizon, il est important de prendre la mesure de la page qui se tourne cette semaine.

Personnellement, j’ai eu l’occasion de côtoyer Louise Harel quand j’étais député de 2003 à 2007. Alors que je faisais de la politique comme on joue au Hockey, que je donnais mon 110%, que je travaillais fort dans les coins et que je ne disais jamais non à un combat, cette femme fantastique me fit prendre conscience que la politique relevait beaucoup plus du jeu d’échec que du hockey.

C’est avec Louise que j’ai appris comment faire de la politique à l’intérieur de l’Assemblée. Comment utiliser le temps des commissions parlementaires et des débats de toutes sortes pour positionner un message et une idée sans oublier de faire compromettre nos adversaires sur différents sujets. Comment tirer le maximum d’un dossier perdu d’avance pour positionner des messages et des idées qui seront si importants dans le dossier qui se pointera le bout du nez quelques mois plus tard. Comment éviter de sortir du jeu trop rapidement un acteur qui pourrait nous être utile plus tard. Comment éviter de tomber dans le piège d’une attaque facile qui déstabiliserait notre défense. Et tellement d’autres choses…

J’ai ainsi accumulé 20 ans de sagesse en côtoyant Louise Harel pendant quatre petites années. C’est certainement ce qu’elle a apporté à tous ceux et celles qui ont eu la chance d`être à ses côtés à Montréal ces dernières années. Ainsi, si nous avons une belle relève, c’est aussi parce que ceux et celles qui étaient là hier, ont outillé adéquatement ceux et celles qui seront là demain.


Merci Louise !

jeudi 24 octobre 2013

Les principes du chevalier

Cette semaine, dans le cadre de l’Autre gala de l’ADISQ, Manu Militari a répliqué à Cœur de pirate qui avait été méchante avec ce dernier en doutant de sa victoire trois ans auparavant. Trois ans !!! Tout au long de ces 36 derniers mois, le gars a rongé une rancœur qui est ressortie cette semaine. Décroche!!! Tu gagnes un Félix (un autre) dans la catégorie hip-hop. La voilà ta réplique. Pourquoi transformer une victoire en vengeance?

Cette triste anecdote m’a rappelé un des grands principes en vigueur jadis chez les chevaliers; Nous devons être nobles dans la défaite et humbles dans la victoire.

J’ai malheureusement croisé des personnes en politiques, et même dans mes emplois, qui s’éloignaient de ce grand principe et qui avaient la même attitude de vengeance lors de leur victoire.  Des personnes qui espéraient se retrouver en situation de force ou d’autorité pour assouvir une volonté intérieure de donner la réplique ou rendre la monnaie de leur pièce à des personnes qui avaient été méchantes envers elles.

C’est ne rien comprendre du pouvoir que de le vouloir pour des raisons aussi basses. Ces personnes ne sont pas des chevaliers, ce ne sont que des égoïstes et des mercenaires. Quand les gens en situation de force ou de pouvoir profite de leur situation pour se faire plaisir face à ceux et celles qui les ont heurtés, ils oublient les responsabilités qui viennent avec ce même pouvoir. C’est à se demander s’il est possible de faire usage du pouvoir sans en abuser.

J’ai toujours aimé le pouvoir et je ne m’en suis jamais caché.  Quel outil magnifique pour agir et changer les choses! Je ne dis pas que tout le monde doit être heureux quand on prend des décisions, mais celles-ci doivent être guidées par le bien commun et les intérêts du groupe. Cependant, à force de voir ceux qui ont le haut du pavé profiter personnellement de leur situation pour régler des comptes plutôt que se casser la tête à en faire profiter le plus grand nombre, il est normal que nous regardions avec un certain cynisme ceux et celles qui nous demandent de les choisir pour nous gouverner.

Tout ceci m’est venu en tête à cause d’une réplique de Manu Militari, imaginez tout ce qui me vient à l’esprit quand j’écoute la période de questions…

mercredi 16 octobre 2013

Les habits neufs de l'empereur

Vous connaissez l’histoire des habits neufs de l’empereur? Vous savez cette histoire d’un empereur qui avait engagé deux tailleurs pour lui confectionner le plus bel habit que personne n’avait porté avant lui. À fort prix, les tailleurs avaient accepté le contrat et, plutôt que de livrer la commande, ceux-ci avaient fait croire à l’empereur, qui ne voyait jamais aucun habit, qu’il était le seul à ne pas voir le précieux tissu.

Le grand jour arriva et l’empereur se promena nu, pensant qu’il portait l’habit en question. La foule estomaquée de le voir nu, se taisait, laissant ainsi l’empereur croire qu’il portait les plus beaux habits. Tout se déroula correctement jusqu’au  moment où un enfant cria que l’empereur était nu. À ce moment, tous éclatèrent de rire. L’empereur était humilié et les tailleurs déjà loin avec l’or.

Je vous raconte cette histoire parce que j’ai l’impression que c’est ce que nous vivons avec nos politiciens depuis quelques années. Ils ont tous tellement confiance en leurs responsables des communications, qu’ils se présentent devant le peuple en disant des énormités. L’ensemble de la population écoutent d’une oreille suspecte en se demandant bien pourquoi le politicien nous sert un tel discours cousu de fil blanc.

Même l’opposition politique, supportée par le même genre de bonzes des communications, préparent une réplique toute aussi énorme. Pire encore, la plupart des journalistes rapportent l’échange entre politiciens comme si la joute communicationnelle était plus importante que le fond de la question. Rarement on s’attarde aux fondements du discours du politicien. On appelle ça la bulle.

Quand la bulle (le pouvoir, l’opposition et les médias) est sous l’emprise des spécialistes des communications (les tailleurs), nous pouvons jouer le rôle de l’enfant qui crie, et avec les médias sociaux, nous avons maintenant les moyens. Pas tous les cris des enfants du Net que nous sommes deviendront viraux et feront le tour du web, mais quand certains de ces cris se tisseront un chemin jusqu’à des milliers d’oreilles, certaines personnes n’auront d’autre choix que d’aller se rhabiller.

En pleine campagne municipale et à l’aube d’une élection québécoise, nous réalisons souvent que tout ce qui nous est dit n’a aucun sens, que les décisions se prennent ailleurs et qu’il faut bien plus qu’un slogan pour régler la plupart des problèmes. Nous ne sommes pas stupides. Nous voyons bien le vide derrière les lignes de communication. Pourquoi alors faisons-nous comme si les empereurs étaient habillés alors que nous savons qu’ils sont nus?  Peut-être préférons-nous des empereurs nus en les imaginant porter les plus beaux habits aux autres candidats portant de vrais vêtements, mais ô combien plus humbles !

jeudi 10 octobre 2013

L’hassidique et le chanteur

Patricia Tulasne se présente à la mairie, Marie Plourde candidate sur le plateau et Philippe Schnobb dans le quartier gay, est-ce que la mairie de Montréal est devenue le sénat de nos stars de la télé ? Il faut dire qu’avec l’arrivée en politique de Bernard Drainville, Pierre Duchesne et Raymond Archambeault, le réseau ICI (formely knowned as Société Radio-Canada) ressemblait lui-même au club école du Parti Québécois.

Vous pensez que la liste de nos vedettes qui se lancent en politique s’arrête ici ? Oh que non! N’oublions pas celui qui chante les hymnes nationaux avant les parties à domicile de nos Canadiens. Je parle bel et bien de M. Charles Linton-Prévost. Il se présente dans mon district, le merveilleux district de Claude-Ryan dans l’arrondissement Outremont. Il fait partie d’une équipe indépendante (Conservons Outremont) et se présente avec la mairesse d’arrondissement sortante, Mme Marie Cinq-Mars.  Une des personnes qui se présente contre lui dans mon district est nul autre que Mindy Pollack, la première juive hassidique à faire le saut en politique.

Je vous parle de ça parce que les deux sont venus me voir chez moi. D’abord Mindy l’hassidique. J’étais surpris de la voir à ma porte. Il faut admettre qu’il est rare que nous ayons la chance de converser avec quelqu’un de la communauté hassidique (Encore moins en français…). Elle était sympathique, mais avec la problématique des synagogues illégales dans le quartier, sans parler des écoles et des garderies, je me demande comment elle fera pour faire appliquer les lois. Se présente-elle pour les faire appliquer ou plutôt pour le contraire? Ah la confusion que nous pouvons ressentir quand la démarcation n’est pas nette entre le politique et le religieux. Passons.

Plus tard dans la semaine, ce fut au tour de Charles le chanteur de passer par chez moi. J’étais surpris de le voir à ma porte. Il faut admettre qu’il est rare que nous ayons la chance de converser avec une vedette de la télévision. (Ils sont tous plus petits que nous croyons…) Il était sympathique, mais avec le passé à Union Montréal de Mme Cinq-Mars (l’Équipe de Gérald Tremblay), je me demande comment on peut si facilement, en changeant simplement de nom de parti, faire oublier le passé de corruption de cette administration. Ah la confusion que nous pouvons ressentir quand la démarcation n’est pas nette entre le passé et le présent. Passons.

Je suis donc là, devant un dilemme où Projet Montréal me présente une candidate qui ne m’inspire pas et celui qui me semble convenable se présente pour une équipe au passé douteux. Je ne vous dévoile pas mon intention de vote. Je vous dis cependant que la chance que j’ai avec les élections municipales, c’est que je peux voter pour un maire d’arrondissement de Projet Montréal et un conseiller de Conservons Outremont.

Et pour ce qui est de la mairie de Montréal, pourquoi pas Patricia Tulasne !

samedi 5 octobre 2013

La sagesse

« Quand M. Parizeau parle, on écoute. » Cette phrase est certainement une de celles que j’ai entendues le plus souvent quand je militais au Parti Québécois. Personnellement, je n’ai jamais fait grand cas des propos de Monsieur. J’ai toujours eu plus d’accointances avec Lucien Bouchard. Cependant, quand M. Bouchard ajoute sa voix à celle de M. Parizeau, il me semble que nous devrions tous écouter.

Ce qui me fait le plus réfléchir dans les sorties de nos deux anciens premiers ministres souverainistes, c’est leur inquiétude à propos d’une distance qui semblerait s’élargir entre le Parti Québécois et les communautés culturelles. (même M. Landry a ajouté son inquiétude à ce sujet) Cette situation profiterait au gouvernement fédéral et aux fédéralistes qui se placent dans ce débat comme ceux qui offrent une certaine ouverture d’esprit et une réelle main tendue aux nouveaux arrivants.

Nous savons pourtant qu’il en est rien. Les Canadiens et les fédéralistes ne sont pas plus ouverts d’esprit que les souverainistes québécois. Les fédéralistes n’ont pas plus à cœur l’intégration des immigrants que les souverainistes. Au contraire, les fédéralistes ont d’abord et avant tout à cœur l’unité canadienne. C’est cette volonté qui est la base de leurs relations avec les immigrants. Tous savent que ces derniers constituent un élément clé dans la victoire ou la défaite lors d’un référendum sur la souveraineté. L’immigrant n’est donc pour les fédéralistes qu’une marchandise électorale et référendaire.

Ne bousillons donc pas la réelle ouverture de la société d’accueil québécoise et ses immigrants en allant trop rapidement dans nos changements sociaux (aussi justifiés puissent-ils être). Ainsi, quand certaines personnes pensent que MM Parizeau et Bouchard nous disent que la charte va trop loin, ce que je comprends, c’est que le gouvernement semble aller trop vite. Avancer lentement dans ce dossier avec de large consensus serait plus profitable pour tous que d’aller rapidement sur la base d’une profonde division.

Il fallait du courage pour lancer un débat aussi émotif. Il faudra autant de sagesse pour le conclure. 

jeudi 3 octobre 2013

Identité, économie, solidarité.

Quand j’étais président du Parti Québécois, nous avions organisé trois colloques préparatoires au grand congrès des membres; un premier sur l’identité, un autre sur l’économie et un troisième sur nos solidarités. Le but était d’établir des consensus autour de ce qui constitue l’ADN du PQ et qui le démarque des autres formations politiques.

Je vous parle de ça parce que j’ai remarqué, comme plusieurs d’ailleurs, que depuis quelques temps le gouvernement du Québec tente de multiplier les annonces à saveur économique. Tant les investissements publics dans les infrastructures, que les investissements privés créant des emplois sont portés à l’avant-scène depuis quelques semaines. La première ministre débutant systématiquement ses interventions en parlant de son obsession de l’emploi.

J’étais de ceux qui disaient depuis la rentrée parlementaire que la question de l’identité, bien qu’importante, ne pouvait pas constituer à elle seule un projet de gouvernement. Bien que je sache que nos politiciens sont capables de marcher et de mâcher de la gomme en même temps, il me semblait que les questions économiques et celles relatives à nos solidarités n’étaient suffisamment présentes dans les interventions publiques du gouvernement.  

Même si certains y verront une stratégie de communication, il n’en reste pas moins que l’économie, tout comme l’identité et la solidarité sont des sujets importants puisqu’ils sont les piliers sur lesquels le Parti Québécois doit définir son code source et ainsi démontrer clairement en quoi il se distingue des autres partis. C’est cette distinction qui aidera les Québécois à faire un choix lors des prochaines élections.

Vous aurez donc compris que maintenant que nous parlons d’économie, après avoir passé quelques semaines sur l’identité, j’ai hâte que nous parlions davantage de solidarité…

samedi 14 septembre 2013

Pizza, musique et charte.

Un vendredi sur deux, je passe une soirée magnifique avec mes deux adolescentes. Quelques fois les copains et copines sont aussi à la maison. La recette est toujours la même; musique et pizza. On se fait écouter à tour de rôle nos découvertes musicales sans oublier ce que le web a de plus absurde à offrir. Tout ça autour d'une bonne pizza.

Une semaine passée sous le thème de la charte apporte aussi des bijoux coté humour. Puisqu’il faut bien en rire. (C’est pas une « valeur québécoise » de rire de tout ?) D’ailleurs, aussi tôt que j’ai vu les pictogrammes du ministre en début de semaine, je me suis dit « Outch! Ça va faire mal sur le web ces dessins-là ! »

Ainsi, avec ma petite gang de jeunes, on se montre les bouffonneries faites sur le dos la charte. Ma meilleure demeure le « Cygne ostentatoire » séparé à la naissance avec « l’oie spéciale ». Sa-vou-reux !

Après avoir bien ris, je décide de poser quelques questions à ma bande pour connaître leur opinion sur le sujet de la charte.  Trop complexe, le sujet glisse rapidement sur la cohabitation entre les cultures à l’école secondaire. Ma fille - MA FILLE!!! – me dit qu’ils ne sont que 5 Québécois dans sa classe de 28. Je lui dis que tout le monde de sa classe est Québécois. Ce à quoi ma fille me répond, « Papa, tu sais ce que je veux dire… » Le pire c’est qu’elle a bien raison, je sais ce qu’elle veut dire. Passons…

Le copain de ma fille (oui, oui, elle a un copain… je digère encore cette réalité) me dit que les liens sont difficiles à avoir avec certains qui « se la jouent ghetto ». C’est quoi ça, se la jouer ghetto? Bien, certains mettent tellement d’emphase sur leurs différences et appartenances culturelles spécifiques qu’ils repoussent tous contacts avec les autres.

Il est difficile d’expliquer à de jeunes adolescents que ce réflexe est normal. Que les Québécois en Floride ont la même attitude. Je sais aussi qu’il serait tout aussi difficile de faire réaliser aux jeunes issus de l’immigration que l’isolement et la ghettoïsation n’est pas seulement le résultat d’un rejet par l’autre mais aussi un repli sur soi. Ce n’est pas parce que c’est difficile qu’il ne faut pas s’y mettre.

Je réalise donc qu’une charte, même si elle clarifie plein de choses et rassure plein de gens, ne pourra jamais réguler nos relations et notre vivre ensemble. Il faudra, en plus d’une charte, une réelle volonté de lutter contre la discrimination et le racisme. 

Et si, en plus des pubs sur la charte, on faisait rejouer les vielles pubs du ministère des Relation avec les citoyens et de l’Immigration de 1996-97 (impossibles à trouver sur le web). On pouvait y voir des enfants jouer ensemble et y lire : « Les cheveux bouclés - les yeux bridés - le teint basané… Le cœur québécois ». Quand la pub se terminait, j’étais fier d’être Québécois. J’étais fier de nous, de nous tous.

mardi 10 septembre 2013

Alors cela commence…

En ce 10 septembre, est-ce la 11e Journée mondiale de la prévention du suicide? La fête de mon frère ? (Bonne fête quand même…)
Oh que non!
Aujourd’hui c’est la journée où le ministre Drainville dévoile (devrais-je dire dépose ?) son document de travail sur les valeurs québécoises. L’encre n’est pas encore sèche sur ledit document, que déjà mon Facebook et mon Twitter (pas mon LinkedIn par contre…) sont remplis de commentaires de toutes sortes. Bonne chance mon Bernard ! So it begins…
Pour ma part, ayant toujours adopté une vision républicaine du vivre ensemble québécois, je dois tout de même me dire agréablement surpris de constater à quel point c’est le cadre légal et civique qui semble être au cœur de la démarche du ministre. J’étais sous l’impression, avec les débats des derniers jours sur le crucifix et le nom de la future charte « des valeurs », que nous étions pour nous retrouver avec une loi qui établissait une identité québécoise historico-patrimoniale. Une telle approche aurait été regrettable pour le débat lui-même, mais aussi pour les futures générations de Québécois - qu’elles arrivent par bateau ou par le biais des naissances - car le Québec est sans cesse à construire.
Au regard même de ce qui nous est présenté, nous sommes tellement loin de cette approche. Ainsi, même si un des objectifs de la démarche est d’arriver à une reconnaissance d’un patrimoine historique commun, les cinq propositions avancées dans le document sont plutôt d’ordre légal et réglementaire. C’est donc au long du débat que nous verrons comment il sera possible d’additionner en toute cohérence les aspects patrimoniaux et historiques aux règles de droit qui encadre notre vivre ensemble. De tout ce que nous entendrons, c’est ce débat de fond que je suivrai le plus.
Je veux comprendre encore et toujours mieux. Je veux lire encore et toujours plus. Mon esprit est ouvert. J’étais un démocrate hier, j’en suis encore un aujourd’hui. 

lundi 7 janvier 2013

Une soirée avec Philippe Séguin


Je suis tombé sur une nouvelle qui disait que c’était le troisième anniversaire de la mort de Philippe Séguin aujourd’hui. Je me souviendrai toujours de ma rencontre avec ce politicien français qui possédait un réel amour pour le Québec. Ce gaulliste de centre-droit avait une vision des choses que je partageais sur plusieurs points.

Ce dernier m’avait invité à regarder un match de foot à ses côtés. Quelle soirée ! Au long de mes discussions avec ce passionné de politique, je me suis reconnu dans certains propos de ce feu grand citoyen français. Comment un progressiste comme moi pouvait-il se retrouver dans des propos d’un homme comme lui? Et si le balancier gauche-droite avait un décalage entre l’Europe et l’Amérique. Un décalage qui donnerait certaines accointances entre la gauche d’ici et la droite de là-bas. Je ne serai jamais un partisan des politiques de droite, mais je peux reconnaître que certains discours sont forts inspirants.


lundi 19 novembre 2012

Lincoln contre les Redneck


Le 16e président des États-Unis, Abraham Lincoln, semble être en vedette dans quelques films ces temps-ci. Le nouveau Spielberg certes, mais il ne faut pas oublier Lincoln : Chasseur de vampires et le non moins étrange Lincoln contre les Zombies.

Je vous parle de ce président républicain parce qu’il y a 149 ans aujourd’hui, ce dernier s’adressait au peuple américain sur le champ de bataille de Gettysburg. Ce discours porte le nom de L’adresse de Gettysburg. L’été d’avant, ce sont 51 000 américains du nord et du sud qui avaient trouvé la morts sur ce champ de bataille dans le cadre de ce triste épisode de la Guerre civile (ou de sécession). L’esclavagisme, mais aussi une vision divergente du model économico-politique étaient au cœur de cette guerre. Pour en savoir plus, j’ai mis des hyperliens sur mon texte. J’en ai même mis un sur le film de Spielberg…


mardi 6 novembre 2012

Journée d'Amérique


C’est jour de scrutin aujourd’hui aux États-Unis. Qui l’emportera? Obama? Romney? Ai-je une préférence? Au Québec, le candidat démocrate semble rallier une très grande majorité. Les gens d’ici se reconnaissent plus facilement dans les démocrates. La question est cependant la suivante : Sommes-nous charmés par Obama à cause des idées qu’il porte ou de la lutte sans fin qu’il mène auprès d’une droite dont nous avons du mal à saisir la pensée?

Pour ma part, ce qui me fascine le plus, c’est l’intérêt des Québécois pour la politique américaine. Comme si elle avait quelque chose de plus noble et de stimulant que celle d’ici. En cette période trouble où l’argent semble corrompe une certaine classe politique au Québec, n’oublions jamais qu’au pays de l’Oncle Sam, la politique c’est l’argent.

Alors, si vous me demandez ce que je pense de l’élection américaine, je vous répondrai « Frankly, my dear, I don't give a damn » En d’autres mots, autant en emporte le vent…


lundi 29 octobre 2012

On passe au salon

Demain, c’est l’ouverture de la session parlementaire pour ce gouvernement péquiste minoritaire. Je me permets ici de faire mon beau-père et de dire ceci : J’espère que mes amis péquistes réalisent à quel point ils sont minoritaires. Si non, les pupitres du Salon bleu sauront rapidement leur rappeler.

Pour me préparer, avant le début de la session, j’aurais passé les dernières semaines à jouer aux échecs. Oui, oui aux échecs. Malheureusement trop de personnes font des analogies relatives au hockey pour parler de politique. On ne joue pas au hockey à l’Assemblée, on joue aux échecs. Et quand aujourd’hui je vous parle d’échecs je parle d’un jeu totalement différent; un jeu d’échec à trois.


À trois, toute la stratégie se complexifie? Comment prévoir le coup défensif ou offensif de l’opposant relativement à mon positionnement mais aussi au positionnement du troisième? Je vous le dis, j’aurais joué pendant des heures avant d’arriver dans ce Salon… Je n’en dirai pas plus, car j’ai décidé de demeurer dans le mien…


mercredi 5 septembre 2012

Dernier carnet de campagne


La campagne électorale est finie. Ma participation à titre d’analyste politique à Vtélé aussi. Je peux donc retourner à mes REER, mais surtout, à mes confusions musicales les plus étranges sur mon blogue. Je dois cependant avouer qu’une saucette de 35 jours dans le tourbillon de la politique m’a fait du bien. J’ai une réelle passion pour ce sport extrême. Puisque nous sommes dans les confessions, je dois aussi vous dire que ma soirée électorale m’a confirmé qu’un retour en politique active n’est pas pour bientôt.

Faut dire que j’étais dans Gouin hier. J’avais choisi de passer la soirée électorale avec mes amis proches plutôt qu’avec ma grande famille politique. Je ne me suis pas déplacé dans Gouin pour célébrer la victoire, mais bien pour être présent dans la défaite. Malgré de grands espoirs, la cruauté du résultat est venue nous confirmer que la loyauté n’est pas la première qualité de l’électorat.

Ajoutons à tout ça une très courte victoire du PQ, une pluie abondante et une fusillade. Je n’ai pas dormi de la nuit. Je ne suis vraiment pas fait pour vivre dans ce monde-là. Dès demain, je retourne dans le confort de mon indifférence. Du moins, jusqu’à la prochaine campagne…


mardi 4 septembre 2012

Le grand soir


Les bureaux de vote sont fermés. La campagne est terminée. Le sort en est jeté. Même si vous êtes le chef de toute une formation politique, pour le début de la soirée, vous êtes avec votre famille et vous écoutez la soirée électorale. Vous vous croisez les doigts. Vos deux discours sont prêts. Vous attendez de voir les résultats.

Et c’est alors que l’impossible se réalise devant vos yeux, vous venez de gagner les élections! Tout se bouscule. D’abord, vous fêtez un peu avec vos proches, mais rapidement, les appels téléphoniques se succèdent. L’un d’eux est celui de l’ancien premier ministre. Il vous téléphone pour vous féliciter, mais aussi pour vous concéder la victoire (un rituel hautement symbolique, mais combien important). La plupart des chefs de partis se parleront ce soir-là. 

Pour ce qui est de la séquence des discours, habituellement tous s’entendent pour procéder du plus petit résultat au plus grand. Vous parlerez donc dernier. Vous connaissez donc l’heure approximative de votre arrivée auprès de vos militants. Effectivement, une salle comble vous attend pour vous écouter donner votre discours de victoire. Vous vous adressez à vos militants, mais aussi à tout le Québec. Vous êtes premier ministre maintenant.

Et si vous pensiez que la campagne électorale était difficile, les mois qui vont suivre seront bien pires.


lundi 3 septembre 2012

Le jour J


Demain sera le dernier jour des élections 2012. Ceux qui pensent que 35 jours c’est court pour choisir un gouvernement n’ont visiblement jamais fait de campagne électorale. Ce que nous appelons « le jour J » fut préparé depuis le début de la campagne. Vous avez fait des milliers d’appels téléphoniques pour connaître l’intention des gens. Vous vous êtes présenté de porte en porte pour convaincre les indécis et augmenter vos chances de gagner.

Le jour du scrutin, vous mettez toute votre machine électorale à vous assurer que votre pointage partisan se transforme en vote favorable dans les urnes. De son côté, le candidat fera la tournée des bureaux de scrutin pour remercier les personnes qui donneront leur journée pour que s’exprime notre démocratie.

Un coup la journée terminée, les militants se regroupent pour célébrer la fin de la campagne. Pour ce qui est du candidat, il passera quelques heures avec sa famille et quelques amis sachant que quoi qu’il arrive, c’est dernier seront là demain. Alors que s’estompe le stress de la campagne, arrive en force l’angoisse des résultats. Le décompte peut commencer…

(Demain, je vous parlerai de la soirée électorale.)



dimanche 2 septembre 2012

Le grand livre


Dans le parlementarisme britannique, plusieurs règles demeurent non écrites. On appelle ces règles « le grand livre ». Impossible de le lire, vous devez l’expérimenter. Selon le grand livre, vous devez notamment nommer les ministres parmi les députés, ne pas présenter de candidat dans une élection partielle qui sert à faire élire le chef d’un autre parti et ne pas faire campagne dans la circonscription des autres chefs. Respecter ces coutumes relève de la gentilhommerie et du franc jeu plus que du cahier de règlements.

Malheureusement de nos jours cette gentilhommerie ne semble plus exister. Ce faisant, la politique prend des airs de bataille de ruelle où tous les coups semblent permis. Je ne dis pas qu’il est impossible de réécrire le grand livre, je me questionne seulement sur l’apport positif de la réécriture.

Comment demander aux citoyens d’apporter une certaine considération aux politiciens quand ces derniers ne semblent pas en avoir pour eux-mêmes? Le grand livre est donc ni plus ni moins qu’un code de vie. Ne pas le respecter vous aidera peut-être à gagner, mais peut aussi faire perdre des plumes à l’ensemble de la classe politique.




samedi 1 septembre 2012

Les femmes en politique


Dans les partis politiques, encore beaucoup trop de femmes se retrouvent à faire les boulots d’organisation et de secrétariat tout en demeurant humbles et effacées. Même si la réussite d’un événement dépend souvent de l’implication discrète d’une femme, ce sont souvent les hommes qui se feront remarquer au cours de ce même événement.

De plus, ce sont les hommes qui font le plus connaître leur intérêt à faire de la politique. Pour les femmes, non seulement il faut généralement aller vers elles, mais en plus, nous devons argumenter pour les convaincre qu’elles ont bel et bien tous les talents et les compétences pour se porter candidate.

Ainsi, pour parvenir à une égalité homme femme dans toutes les sphères de la vie politique, il faut d’abord avoir la conviction profonde que seule cette égalité constitue un gage de compétence optimale. En effet, les femmes étant aussi compétentes que les hommes, 30% de femmes dans un milieu signifie nécessairement qu’il y a perte de compétence.

Ensuite, il faut utiliser tous outils et user de toutes les stratégies et techniques possibles. (structure paritaire dans les organisations, assemblée délibérante plus consensuelle, démarche particulière pour faire lever des candidatures…)

Finalement, il ne faut pas minimiser l’impact des modèles et des images fortes pour construire un imaginaire où tout devient possible. Et dire que nous sommes enfin collectivement arrivés à cette étape.

vendredi 31 août 2012

La campagne sur les réseaux sociaux


Je me suis arrêté sur la place de la campagne électorale dans les différents médias sociaux. J’avais beaucoup d’attentes car j’avais encore en tête l’originalité de la mobilisation virtuelle du printemps érable. Chaque journée apportait une nouveauté ou un étonnement. Les réseaux sociaux n’étaient pas en reste. Je me délectais chaque jour d’un clip, d’une image ou d’un buzz qui faisait rire et réfléchir.  Cette mobilisation a apporté de la lumière et de l’humanité dans une métropole sombre et somnolente.

Quand la campagne électorale a débuté, j’espérais donc que les organisations politiques avec leurs ressources et leurs milliers de membres nous proposeraient sur les réseaux sociaux une campagne électorale innovante et colorée. DÉ-CEP-TION. Sur Facebook et sur Twitter nous avons malheureusement assisté à une campagne électorale morne et babouneuse.  À force de vouloir contrôler, cibler et radoter leur message, les partis politiques ont oublié d’épater, de surprendre et de contaminer.


jeudi 30 août 2012

Confession électorale


J’ai une petite confession à vous faire; une confession politique de campagne électorale. Je suis candidat du Parti Québécois dans Joliette pour l’élection de 2003. Au même moment, la compagnie Labatt lance une campagne publicitaire à saveur électorale. Un faux candidat nous invite à voter pour le fun. Ce dernier se nomme Jonathan Bleue. Ceci apportera une certaine confusion à Joliette parce que je suis le candidat des bleus et je me nomme Jonathan.
Arriva ce qui devait arriver. Dans le cadre de ma campagne, une de mes activités était de faire la tournée des bars pour aller y croiser les jeunes dans leur habitat naturel. Plusieurs jeunes venaient me voir en me demandant si j’étais LE Jonathan Bleue. On me demandait si Labatt avait sciemment organisé sa campagne de pub pour aider mon élection. Il est clair que je n’avais rien à voir avec tout ceci, mais ma tournée des bars en fut une de rock star. En blague, on m’annonçait comme Jonathan Bleue. À la fin de ma tournée des bars, je savais que je venais de marquer l’imaginaire de la jeune génération.

Ma confession; je n’ai jamais comptabilisé les publicités de Labatt dans mes dépenses électorales même si ces dernières m’ont fait passer une très belle soirée.


mardi 28 août 2012

Les prédictions


Un des moments les plus loufoques de la campagne électorale est certainement celui où nos grands analystes se transformeront en Jojo Savard pour nous donner leurs prédictions sur les résultats du scrutin. Aidé par les plus récents sondages ainsi que les multiples analyses qui font des projections comté par compté, région par région, nos sérieux journalistes iront de leurs prédictions les plus plates.

Étant moi-même analyste politique à V le midi, je ne suis pas en reste et tente de vous offrir le fruit de mes plus récentes réflexions. Je dois dire que je possède une arme que les autres n'ont pas pour prédire l'avenir. En effet, Nostradapod demeure un engin de prédiction dévastateur. Il faut simplement interpréter correctement son message. J'ai donc posé la question suivante à mon iPod "Qui gagne les élections québécoises du 4 septembre 2012?" Sa réponse fut Breed de Nirvana.

La chanson commence avec Cobain qui nous dit "I don't care. I don't care. I don't care. I don't care." Mon iPod me dit-il qu'il ne s'intéresse pas à la politique? Et s'il me disait que les abstentionnistes seront encore les plus nombreux cette année. Ma prédiction est donc la suivante; l’indifférence terminera première. J'espère que j'interprète mal.