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mercredi 13 juin 2012

Le kiosque de limonade


Aujourd'hui, c’est la 10e édition du fameux Kiosque de limonade. Il y a dix ans, deux mamans avec chacune deux petites filles (dont les miennes) ont l’idée de faire un kiosque de limonade. Les petites s’occupent de faire les affiches alors que les mamans s’occupent des sucreries et de la limonade. Une belle journée dans le parc à côté de la maison. Les recettes seront de 35,50$.
Les mamans décident alors de pousser l’expérience et d’aller à l’hôpital Ste-Justine pour donner le fruit de leur travail à la Fondation. La dame qui les accueillera déroulera le tapis rouge à ces quatre mignonnes fillettes. Il y aura même une photo du quatuor dans le journal de la fondation. Fières et excitées, les petites insisteront pour que l’expérience se reproduise l’année d’après, et l’autre, et l’autre…

L’année dernière, c’est 35 500$ que le Kiosque de limonade a remis à la Fondation de l’hôpital Ste-Justine (125 000$ depuis la première édition). Les enfants du quartier y viennent par centaines. Un livre des meilleures recettes de biscuits a même été publié.
Ce qui fait le succès de cet événement, c’est la générosité de tous ceux qui y participent; de la maman qui est l’organisatrice en chef jusqu’au papi qui est annuellement le ramasseur de déchets (en chef). Tous possèdent le même objectif, contribuer à faire la différence pour les enfants malades et leur famille (tout en se sucrant le bec).

Bravo Valérie, Margot, Sarah, Félixe et Marine, mais par-dessus tout, bravo Katrine!!!



samedi 12 mai 2012

La maturité de la jeunesse


À la demande générale de mes deux filles qui l’avaient vu la veille, je suis allé au théâtre hier soir. La pièce se nomme Fœtus Animae (vie) et elle était jouée (et créée) par les élèves de 5e secondaire de la concentration théâtre de l’école.

Cette œuvre aux allures de conte philosophique nous fait découvrir ce que pourrait être la vie si nous étions tantôt intelligents, tantôt courageux ou tantôt sensibles et créatifs. Nous aurions des vies bien différentes, mais partagerions une même quête du bonheur et un même destin ultime, la mort.

Au-delà de la pièce, les jeunes comédiens, flanqués de leurs carrés rouges, en avaient long à dire sur l’injustice, la gouvernance, les médias et les tensions sociales. Leurs réponses se trouvaient tout simplement dans le bonheur, la famille, l’amitié, la création et l’amour. Une belle soirée avec des jeunes qui possèdent une maturité qui fait réfléchir.

« Quand on n’a que l’amour pour parler aux canons, et rien qu’une chanson pour convaincre un tambour. »




samedi 14 avril 2012

Mon 14 avril 2003


Il y a 9 ans, le 14 avril 2003, malgré la défaite électorale du Parti Québécois, j’étais élu député de la circonscription de Joliette à l’Assemblée nationale du Québec. Âgé que de 32 ans, marié et père de deux jeunes filles, je me lançais tête baissée dans une aventure qui allait tout bouleverser.

Quand tu es né dans une famille qui te raconte autant d’histoires à propos de René Lévesque que de Maurice Richard; que tu as grandi avec des gens qui considèrent que le Parti Québécois est le meilleur outil que le peuple québécois s’est donné pour s’affirmer et se réaliser; que ça fait plus de 15 ans que tu milites bénévolement pour une cause qui t’est chère; une soirée comme celle du 14 avril 2003 te marque à jamais.

Le soir même, quand j’ai entendu Bernard Derome dire « Le Parti Québécois fait un gain dans Joliette, le fief de Guy Chevrette, avec la jeune étoile montante, Jonathan Valois » j’ai réalisé que je venais d’accomplir quelque chose qui dépassait ma simple victoire personnelle.

Je me rappelle de regarder les yeux de mon père.  Il me regardait comme s’il venait d’entendre « Les Canadiens de Montréal repêchent au premier tour le jeune attaquant Jonathan Valois ». Je venais de monter dans le grand club.  Ce jour-là, un Valois porterait les couleurs de son club préféré. Il s’est avancé vers moi et il m’a dit « Comment te sens-tu ? » J’ai répondu « Papa, on a perdu » Il s’est reculé et m’a dit « Crisse que t’es faite pour cette job-là mon garçon ». Ça n’aura duré que 4 ans…


dimanche 19 février 2012

L'embourgeoisement


Avez-vous remarqué que ma signature de blogueur est « Jojo se prenait pour Voltaire ».  C’est tiré de la chanson de Jacques Brel, Les Bourgeois. Je dois dire que cette chanson me fait beaucoup rire et réfléchir.  Sommes-nous tous voués à l’embourgeoisement ?

À l’époque où j’étais professeur de sociologie, j’en avais toujours quelques-uns dans ma classe pour remettre en question l’ordre établi et pourfendre le capitalisme.  À ce moment, je répondais à tout coup; « C’est bien d’être critique face à l’organisation sociale et économique dans laquelle vous évoluez.  La question est de savoir, serez-vous aussi critiques avec un diplôme, un emploi et une famille. Si oui, revenez me voir, nous organiserons quelque chose… » Malheureusement, j’ai quitté le métier avant de savoir s’ils étaient revenus.

Pour ce qui est de mon embourgeoisement, eh bien, sachez que je porte encore fièrement mon carré rouge… c’est juste qu’il est maintenant épinglé sur des vêtements un peu plus ruineux.  Pour ce qui est de l’embourgeoisement des autres, ceux avec qui j’ai lutté et qui tournent le dos aujourd’hui à nos revendications d’hier, mais aussi ceux qui ne se sont jamais pointés aux manifestations, je vous offre cette belle chanson de Brel.