jeudi 7 novembre 2013

Merci Louise !

Richard Bergeron et Louise Harel ont fait leurs adieux politiques cette semaine. Triste nouvelle. Nous perdons deux personnes intègres, tournées vers le bien commun et possédant un sens de l’engagement dénudé de tout intérêt personnel. Des idéalistes chacun à leur manière. Même si nous savons qu’une belle relève se pointe à l’horizon, il est important de prendre la mesure de la page qui se tourne cette semaine.

Personnellement, j’ai eu l’occasion de côtoyer Louise Harel quand j’étais député de 2003 à 2007. Alors que je faisais de la politique comme on joue au Hockey, que je donnais mon 110%, que je travaillais fort dans les coins et que je ne disais jamais non à un combat, cette femme fantastique me fit prendre conscience que la politique relevait beaucoup plus du jeu d’échec que du hockey.

C’est avec Louise que j’ai appris comment faire de la politique à l’intérieur de l’Assemblée. Comment utiliser le temps des commissions parlementaires et des débats de toutes sortes pour positionner un message et une idée sans oublier de faire compromettre nos adversaires sur différents sujets. Comment tirer le maximum d’un dossier perdu d’avance pour positionner des messages et des idées qui seront si importants dans le dossier qui se pointera le bout du nez quelques mois plus tard. Comment éviter de sortir du jeu trop rapidement un acteur qui pourrait nous être utile plus tard. Comment éviter de tomber dans le piège d’une attaque facile qui déstabiliserait notre défense. Et tellement d’autres choses…

J’ai ainsi accumulé 20 ans de sagesse en côtoyant Louise Harel pendant quatre petites années. C’est certainement ce qu’elle a apporté à tous ceux et celles qui ont eu la chance d`être à ses côtés à Montréal ces dernières années. Ainsi, si nous avons une belle relève, c’est aussi parce que ceux et celles qui étaient là hier, ont outillé adéquatement ceux et celles qui seront là demain.


Merci Louise !

dimanche 3 novembre 2013

Movember, pas pour moi.

J’ai toujours eu un malaise avec Movember. Vous savez, l’événement annuel du mois de novembre où les hommes se laissent pousser la moustache pour sensibiliser l’opinion publique sur les maladies masculines comme le cancer de la prostate.

Premièrement, j’ai toujours vu ce mouvement comme une réponse jalouse et revancharde au mois d’octobre tout en rose dédié au cancer du sein. C’est comme si les hommes répondaient aux femmes en leur disant, nous aussi, nous avons des maladies spécifiques.

Deuxièmement, je ne crois pas que les hommes aient besoin d’une telle opération pour sensibiliser les grandes compagnies pharmaceutiques sur les maladies masculines. Le pouvoir d’achat et la richesse étant encore entre les mains des hommes, vous pouvez être certains qu’aucune maladie d’homme ne restera sans recherche. On ne peut pas en dire autant pour les maladies qui touchent spécifiquement les femmes.

Troisièmement, et d’un point de vue un peu plus personnel, je préfère garder mon visage imberbe. J’ai toujours ainsi le plaisir de donner des bisous et d’avoir de très bons commentaires des personnes qui les reçoivent.

Ceci dit, je ne juge en aucun temps les gens qui participent au Movember. Je sais que nous devons être solidaires devant toutes les personnes qui sont atteintes de cancer et ce, peu importe le sexe ou le cancer. Tout de même, je me permets de proposer mes services tout le mois de novembre pour aller embrasser vos femmes.

jeudi 31 octobre 2013

Des monstres à Ville Mont-Royal.

Quelle belle fête que celle d’Halloween! Quand on est enfant, cette fête se classe certainement dans notre top 3 avec Noël et notre propre fête. On y retrouve tous les ingrédients qui font de cette journée, un moment magique. Les bonbons, le chocolat, le groupe d’amis et les déguisements. Je ne sais trop pourquoi les enfants adorent les maquillages et les déguisements, mais cette période de la vie où tout est enchanté en est une qui colle bien à la fête d’Halloween.

Ainsi, chaque année nos petits monstres sortent de leurs maisons déguisés avec le plus gros sac possible, à la recherche de centaines de petits bonbons. Un moment précieux où en profite pour célébrer la vie, juste avant d'arriver en novembre et se souvenir des morts.

J’ai malheureusement vécu dans une ville où la fête prenait une drôle de tournure. Ville Mont-Royal pour ne pas la nommer. Chaque année, le rituel du 31 octobre est d’une tristesse inouïe.

D’abord on barricade la ville pour s’assurer que les enfants des quartiers pauvres des alentours (Parc-Extension, Côte-des-Neiges) ne puissent pas profiter des sucreries des gros riches de Montréal. On dit que la ville est barricadée par mesure préventive pour éviter que les enfants se blessent ou se tuent en traversant les axes routiers qui séparent Ville Mont-Royal des autres quartiers. Et dire que les policiers sont par dizaines à s’assurer de la sécurité des gosses de riches dans les murs de la ville. Pourquoi pas quelques ressources additionnelles pour la périphérie ?

Par la suite, le spectacle devient encore plus désolant, quand, à quelques maisons, les gens qui font la distribution des bonbons demandent aux jeunes leurs adresses avant de déposer le maudit bonbon à une cenne au fond du sac du petit monstre. Quel spectacle désolant, navrant et humiliant.

Je vous le dis, ce soir encore à Ville Mont-Royal, les monstres ne seront pas tous dans les rues, plusieurs seront dans les maisons.

dimanche 27 octobre 2013

L'Armageddon en chanson

Un des albums qui a marqué mon cégep fut certainement Mind Bomb de The The. Un album presque entièrement consacré aux dérives religieuses. Il faut dire que du haut de mes 17 ans et alors que je faisais mes premiers pas en politique, je mélangeais encore la laïcité et l’anticléricalisme. Je forgeais tout de même les premiers contours de ma pensée civique et le religieux y était exclu. La religion n’étant qu’un opium servant à faire rêver les masses pour les exploiter dans le plus grand calme et la plus totale acceptation.

Fièrement à gauche, je méprisais les humains comme si ceux-ci n’étaient pas assez intelligents pour établir une société juste. Moi, avant-garde éclairée, je savais tout et regardais de haut ceux et celles qui se complaisaient dans la médiocrité du système capitaliste. Quelle était belle cette époque où tout était soit bon, soit méchant, noir ou blanc. Le gris fit son apparition il y a déjà quelques années et pas seulement dans mes cheveux. En effet, je découvrirai les beautés du genre humain plus tard dans mon cheminement intellectuel.

Je parle de tout ceci parce que je suis tombé dernièrement sur une des chansons de l’album culte de mon cégep en laissant mon iPod me proposer aléatoirement des morceaux de ma bibliothèque. Je vous propose en mes mots une certaine traduction de ce que disait en 1989 la chanson « Armageddon days are here again ».

« L’Islam est en hausse. Les chrétiens se mobilisent. On a oublié la morale du message et vénère les croyances des églises (…) Si le vrai Jésus Christ revenait sur terre aujourd’hui, la CIA aurait tôt fait de l’assassiner. Les lumières qui brillent aujourd’hui derrière les grands vitraux plongeront demain le coeur des hommes dans l’obscurité la plus profonde. Dieu ne s'est pas érigé lui-même ce trône. Dieu ne vit pas en Israël ou à Rome. Dieu n’appartient pas au dollar américain. Dieu ne pose pas de bombes pour le Hezbollah. Dieu ne fréquente même pas les églises. Et Dieu ne nous enverra pas nous embraser pour Allah. Non, si Dieu revenait sur terre, il nous rappellerait ce que nous savons déjà; que la race humaine récolte ce qu'elle a semé. L'Armageddon est revenu… encore. »


jeudi 24 octobre 2013

Les principes du chevalier

Cette semaine, dans le cadre de l’Autre gala de l’ADISQ, Manu Militari a répliqué à Cœur de pirate qui avait été méchante avec ce dernier en doutant de sa victoire trois ans auparavant. Trois ans !!! Tout au long de ces 36 derniers mois, le gars a rongé une rancœur qui est ressortie cette semaine. Décroche!!! Tu gagnes un Félix (un autre) dans la catégorie hip-hop. La voilà ta réplique. Pourquoi transformer une victoire en vengeance?

Cette triste anecdote m’a rappelé un des grands principes en vigueur jadis chez les chevaliers; Nous devons être nobles dans la défaite et humbles dans la victoire.

J’ai malheureusement croisé des personnes en politiques, et même dans mes emplois, qui s’éloignaient de ce grand principe et qui avaient la même attitude de vengeance lors de leur victoire.  Des personnes qui espéraient se retrouver en situation de force ou d’autorité pour assouvir une volonté intérieure de donner la réplique ou rendre la monnaie de leur pièce à des personnes qui avaient été méchantes envers elles.

C’est ne rien comprendre du pouvoir que de le vouloir pour des raisons aussi basses. Ces personnes ne sont pas des chevaliers, ce ne sont que des égoïstes et des mercenaires. Quand les gens en situation de force ou de pouvoir profite de leur situation pour se faire plaisir face à ceux et celles qui les ont heurtés, ils oublient les responsabilités qui viennent avec ce même pouvoir. C’est à se demander s’il est possible de faire usage du pouvoir sans en abuser.

J’ai toujours aimé le pouvoir et je ne m’en suis jamais caché.  Quel outil magnifique pour agir et changer les choses! Je ne dis pas que tout le monde doit être heureux quand on prend des décisions, mais celles-ci doivent être guidées par le bien commun et les intérêts du groupe. Cependant, à force de voir ceux qui ont le haut du pavé profiter personnellement de leur situation pour régler des comptes plutôt que se casser la tête à en faire profiter le plus grand nombre, il est normal que nous regardions avec un certain cynisme ceux et celles qui nous demandent de les choisir pour nous gouverner.

Tout ceci m’est venu en tête à cause d’une réplique de Manu Militari, imaginez tout ce qui me vient à l’esprit quand j’écoute la période de questions…