dimanche 27 octobre 2013

L'Armageddon en chanson

Un des albums qui a marqué mon cégep fut certainement Mind Bomb de The The. Un album presque entièrement consacré aux dérives religieuses. Il faut dire que du haut de mes 17 ans et alors que je faisais mes premiers pas en politique, je mélangeais encore la laïcité et l’anticléricalisme. Je forgeais tout de même les premiers contours de ma pensée civique et le religieux y était exclu. La religion n’étant qu’un opium servant à faire rêver les masses pour les exploiter dans le plus grand calme et la plus totale acceptation.

Fièrement à gauche, je méprisais les humains comme si ceux-ci n’étaient pas assez intelligents pour établir une société juste. Moi, avant-garde éclairée, je savais tout et regardais de haut ceux et celles qui se complaisaient dans la médiocrité du système capitaliste. Quelle était belle cette époque où tout était soit bon, soit méchant, noir ou blanc. Le gris fit son apparition il y a déjà quelques années et pas seulement dans mes cheveux. En effet, je découvrirai les beautés du genre humain plus tard dans mon cheminement intellectuel.

Je parle de tout ceci parce que je suis tombé dernièrement sur une des chansons de l’album culte de mon cégep en laissant mon iPod me proposer aléatoirement des morceaux de ma bibliothèque. Je vous propose en mes mots une certaine traduction de ce que disait en 1989 la chanson « Armageddon days are here again ».

« L’Islam est en hausse. Les chrétiens se mobilisent. On a oublié la morale du message et vénère les croyances des églises (…) Si le vrai Jésus Christ revenait sur terre aujourd’hui, la CIA aurait tôt fait de l’assassiner. Les lumières qui brillent aujourd’hui derrière les grands vitraux plongeront demain le coeur des hommes dans l’obscurité la plus profonde. Dieu ne s'est pas érigé lui-même ce trône. Dieu ne vit pas en Israël ou à Rome. Dieu n’appartient pas au dollar américain. Dieu ne pose pas de bombes pour le Hezbollah. Dieu ne fréquente même pas les églises. Et Dieu ne nous enverra pas nous embraser pour Allah. Non, si Dieu revenait sur terre, il nous rappellerait ce que nous savons déjà; que la race humaine récolte ce qu'elle a semé. L'Armageddon est revenu… encore. »


jeudi 24 octobre 2013

Les principes du chevalier

Cette semaine, dans le cadre de l’Autre gala de l’ADISQ, Manu Militari a répliqué à Cœur de pirate qui avait été méchante avec ce dernier en doutant de sa victoire trois ans auparavant. Trois ans !!! Tout au long de ces 36 derniers mois, le gars a rongé une rancœur qui est ressortie cette semaine. Décroche!!! Tu gagnes un Félix (un autre) dans la catégorie hip-hop. La voilà ta réplique. Pourquoi transformer une victoire en vengeance?

Cette triste anecdote m’a rappelé un des grands principes en vigueur jadis chez les chevaliers; Nous devons être nobles dans la défaite et humbles dans la victoire.

J’ai malheureusement croisé des personnes en politiques, et même dans mes emplois, qui s’éloignaient de ce grand principe et qui avaient la même attitude de vengeance lors de leur victoire.  Des personnes qui espéraient se retrouver en situation de force ou d’autorité pour assouvir une volonté intérieure de donner la réplique ou rendre la monnaie de leur pièce à des personnes qui avaient été méchantes envers elles.

C’est ne rien comprendre du pouvoir que de le vouloir pour des raisons aussi basses. Ces personnes ne sont pas des chevaliers, ce ne sont que des égoïstes et des mercenaires. Quand les gens en situation de force ou de pouvoir profite de leur situation pour se faire plaisir face à ceux et celles qui les ont heurtés, ils oublient les responsabilités qui viennent avec ce même pouvoir. C’est à se demander s’il est possible de faire usage du pouvoir sans en abuser.

J’ai toujours aimé le pouvoir et je ne m’en suis jamais caché.  Quel outil magnifique pour agir et changer les choses! Je ne dis pas que tout le monde doit être heureux quand on prend des décisions, mais celles-ci doivent être guidées par le bien commun et les intérêts du groupe. Cependant, à force de voir ceux qui ont le haut du pavé profiter personnellement de leur situation pour régler des comptes plutôt que se casser la tête à en faire profiter le plus grand nombre, il est normal que nous regardions avec un certain cynisme ceux et celles qui nous demandent de les choisir pour nous gouverner.

Tout ceci m’est venu en tête à cause d’une réplique de Manu Militari, imaginez tout ce qui me vient à l’esprit quand j’écoute la période de questions…

samedi 19 octobre 2013

Cacher le sang

Quelle hypocrisie de voir toutes les personnes s’indigner devant le rituel musulman du sacrifice du mouton. Comme si cette pratique était plus barbare que ce qui se passe dans nos abattoirs industriels. Soyons honnêtes, nous ne voulons juste pas voir par quelles atrocités passent les animaux avant de se retrouver dans nos assiettes.

Certains disent que ce n’est pas le rituel le problème, mais bien que tout ceci se fasse en présence des enfants. Dans quel Québec vivent les gens qui disent de telles choses? Issu d’une famille de chasseurs et de pêcheurs, je peux dire que dès mon très jeune âge j’ai appris, en regardant mon père et mes oncles, comment prendre une perchaude et en faire des filets et comment débiter un chevreuil pour maximiser la viande et éviter les maladies. Je ne sais cependant pas comment plumer un canard, mais mes tantes sont excellentes pour cette tâche. Suis-je issu d’une famille de barbares ?

Je me souviens de ma première journée de pêche avec mes filles. Quand fut arrivé le moment de préparer les poissons, je les ai invitées à venir me voir faire. Les yeux ronds comme des dollars, elles me regardaient prendre mon couteau de pêche et transformer leurs prises en filets.  Je suis convaincu que ce rituel de la préparation des poissons ajoute un aspect très instructif pour des enfants qui pensaient jusqu’à ce moment que la viande provenait de l’épicerie. Vous auriez dû voir les yeux qu’elles avaient quand elles ont vu dans leurs assiettes les perchaudes qu’elles avaient elles-mêmes pêchées.

Ainsi, à la fin de journée, j’ai tué un animal et j’ai fait ceci devant mes enfants. Si vous excusez mon comportement, vous devriez, en toute logique, accepter la pratique du sacrifice du mouton. Si non, je me questionne, car la seul chose qui me distingue dans ce cas précis, c’est que suis catholique et qu’eux sont musulmans. Et s’il était là le problème ? Soyez honnêtes, ce n’est pas le sang que vous ne voulez pas voir, mais toute une religion.

mercredi 16 octobre 2013

Les habits neufs de l'empereur

Vous connaissez l’histoire des habits neufs de l’empereur? Vous savez cette histoire d’un empereur qui avait engagé deux tailleurs pour lui confectionner le plus bel habit que personne n’avait porté avant lui. À fort prix, les tailleurs avaient accepté le contrat et, plutôt que de livrer la commande, ceux-ci avaient fait croire à l’empereur, qui ne voyait jamais aucun habit, qu’il était le seul à ne pas voir le précieux tissu.

Le grand jour arriva et l’empereur se promena nu, pensant qu’il portait l’habit en question. La foule estomaquée de le voir nu, se taisait, laissant ainsi l’empereur croire qu’il portait les plus beaux habits. Tout se déroula correctement jusqu’au  moment où un enfant cria que l’empereur était nu. À ce moment, tous éclatèrent de rire. L’empereur était humilié et les tailleurs déjà loin avec l’or.

Je vous raconte cette histoire parce que j’ai l’impression que c’est ce que nous vivons avec nos politiciens depuis quelques années. Ils ont tous tellement confiance en leurs responsables des communications, qu’ils se présentent devant le peuple en disant des énormités. L’ensemble de la population écoutent d’une oreille suspecte en se demandant bien pourquoi le politicien nous sert un tel discours cousu de fil blanc.

Même l’opposition politique, supportée par le même genre de bonzes des communications, préparent une réplique toute aussi énorme. Pire encore, la plupart des journalistes rapportent l’échange entre politiciens comme si la joute communicationnelle était plus importante que le fond de la question. Rarement on s’attarde aux fondements du discours du politicien. On appelle ça la bulle.

Quand la bulle (le pouvoir, l’opposition et les médias) est sous l’emprise des spécialistes des communications (les tailleurs), nous pouvons jouer le rôle de l’enfant qui crie, et avec les médias sociaux, nous avons maintenant les moyens. Pas tous les cris des enfants du Net que nous sommes deviendront viraux et feront le tour du web, mais quand certains de ces cris se tisseront un chemin jusqu’à des milliers d’oreilles, certaines personnes n’auront d’autre choix que d’aller se rhabiller.

En pleine campagne municipale et à l’aube d’une élection québécoise, nous réalisons souvent que tout ce qui nous est dit n’a aucun sens, que les décisions se prennent ailleurs et qu’il faut bien plus qu’un slogan pour régler la plupart des problèmes. Nous ne sommes pas stupides. Nous voyons bien le vide derrière les lignes de communication. Pourquoi alors faisons-nous comme si les empereurs étaient habillés alors que nous savons qu’ils sont nus?  Peut-être préférons-nous des empereurs nus en les imaginant porter les plus beaux habits aux autres candidats portant de vrais vêtements, mais ô combien plus humbles !

samedi 12 octobre 2013

Scandale informatique

Je dis ça comme ça, mais je pense que ça ne sent vraiment pas bon du côté des compagnies de services informatiques. Je comprends qu’on peut avoir une explosion de coûts, mais passer de 89 millions à 1 milliard pour des projets d’informatisation du gouvernement me semble assez énorme. Nous ne sommes plus dans l’explosion, mais bien dans le Big Bang originel.

Et si la nouvelle de cette semaine n’était pas en fait qu’un Big Bang se trouvant à l’origine d’une réflexion profonde sur une industrie où la corruption et la malversation seraient tout aussi présentes que dans les firmes de communication (Commission Gomery) ou dans l’industrie de la construction (Commission Charbonneau)? Il n’est pas rare qu’une première nouvelle tombe juste pour en placer d’autres qui suivront.

Une chose est certaine, le gouvernement, même si ça semble lui arriver toutes les semaines, n’aime pas avoir l’air fou. Autant il ne semble pas posséder les ressources internes pour soutenir de façon autonome  ses projets ou contre évaluer les propositions des ressources externes, autant il semble déployer sans compter toutes les ressources nécessaires pour laver sa réputation et jeter le blâme sur ceux  et celles qui l’ont floué.

Si les compagnies de services informatiques s’ajoutent aux firmes de communication et aux bureaux d’ingénieurs, nous devrons comprendre une chose : tous semblent profiter du capharnaüm gouvernemental pour grossir les factures et siphonner à l’os les deniers publics.  La question qui restera à se poser sera la suivante : À quand une commission d’enquête sur la fonction publique, sa gouvernance et sa désorganisation ?