Passionné d'actualité, des gens et de musique. Mais aussi de théâtre, de Chardonnay, des 49ers...
jeudi 20 février 2014
Sur la glace
Je travaille présentement sur un projet d'écriture qui occupe les nombreuses minutes que je consacrais à ce blogue. Merci de votre compréhension.
dimanche 8 décembre 2013
De prisonnier à président
Dans mes cours d’histoire du Québec, on me parlait de
Papineau. Dans mes cours d’histoire des États-Unis, on me parlait de Lincoln.
J’ai lu Voltaire, Montesquieu, Marx et Nietzsche. J’ai écouté Mozart, Chopin et
Strauss. Tous ces personnages m’ont toujours semblé plus grands que nature. Je
me suis toujours demandé quelle considération avaient les contemporains de ceux
et celles qui écrivaient l’histoire. J’ai réalisé que ces personnes étaient
bien souvent critiquées, contestées, ignorées voire même méprisées.
Je n’ai pourtant pas à regarder si loin dans le temps pour
trouver un personnage qui fera partie de nos livres d’histoire pour les siècles
à venir. Je parle ici de Nelson Mandela. Je me sens privilégié d’être un
contemporain de ce monument. Je suis ainsi à même de réaliser à quel point ceux
et celles qui s’entêtent à penser le monde autrement sont ostracisés. Réaliser
aussi que ceux et celles qui agissent sur la base de leurs convictions n’ont
aucune notion de vedettariat. Vouloir changer le monde n’a rien à voir avec le
désir de faire l’actualité. Quand nos actions s’inscrivent dans l’histoire,
bien souvent celle-ci s’écrit après notre mort. Mandela est cependant une
exception à ce niveau. Il a pu se voir dans les livres d’histoire avant sa
mort. Nous pouvons tout de même convenir que pendant ses 27 années passées en
prison, il ne pensait pas à la place qu’il occuperait dans nos bouquins.
Je parle à mes enfants de comment je me suis senti quand le
Mur de Berlin est tombé, quand Gorbatchev a proposé la perestroïka et la glasnost, et quand
j’ai appris que l’Apartheid vivait ses derniers jours. L’histoire s’écrivait
alors que je m’ouvrais sur le monde. Elle s’écrit encore aujourd’hui et je
profite de chaque moment pour partager à mes enfants les efforts et le courage
de ceux et celles que nous voyons aujourd’hui comme des voyous, des parias et des radicaux.
Peut-être demain seront-ils nos héros.
jeudi 5 décembre 2013
Décembre ensemble
C’est la grande guignolée des médias aujourd’hui. Voici ce
que j’écrivais sur ce blogue l’an dernier à propos de notre générosité spontanée
envers les pauvres dans le temps des fêtes.
« Nous vivons présentement une belle hypocrisie
collective où le sort des pauvres d’ici semble nous empêcher de dormir (et de
fêter). On voit donc se multiplier les reportages, les guignolées et les
collectes de denrées. (…) Dès janvier, ces pauvres personnes démunies
redeviendront des B.S. On trouvera qu’ils coûtent cher et qu’ils devraient
lever leurs gros culs pour aller travailler. »
Même si je continue un peu à croire que les pauvres dont
nous nous occupons en décembre sont les assistés sociaux que nous méprisons le
reste de l’année, je dois admettre que je regarde maintenant notre générosité hivernale
beaucoup plus positivement que par le passé.
En effet, certaines personnes n’avaient pas aimé mon texte
de l’année dernière et m’avaient fait réaliser que la période des fêtes
relevait beaucoup plus de la vérité que de l’hypocrisie. Un moment de l’année
où, avant d’être des travailleurs, des contribuables et des consommateurs, nous
réalisons que nous sommes d’abord et avant tout des êtres humains. Un moment de
l’année où, au-delà de nos responsabilités individuelles et familiales, nous
prenons le temps pour penser aux autres. Alors que nous pourrions organiser et
profiter de notre propre petit bonheur, la plupart d’entre nous prenons un peu
de notre temps et de notre argent pour nous assurer que les festivités soient
partagées par le plus grand nombre.
Aujourd'hui, les gestes touchants, généreux et humains se
multiplient. Aujourd'hui, plutôt que de critiquer le mois de décembre, je regrette
maintenant que les 11 autres mois ne soient pas aussi imbibés de cette vérité
et de cette humanité. Une autre évolution dans ma façon de voir les choses. Mon
propre mois de décembre n’en sera que plus joyeux.
vendredi 22 novembre 2013
Manifeste d'un ancien activiste
Mercredi soir j’assistais à un événement bien spécial; le
lancement de la version française du manifeste de Tom Liacas, sous le titre : E-réputation : manifeste d’un ancien
activiste. Comment gérer efficacement les crises dans l’univers complexe des médias
sociaux.
Étant moi-même un consultant, notamment en gestion des
réputations, un adepte de la gestion de crise et très curieux des nouvelles réalités
communicationnelles relatives aux médias sociaux, c’était une soirée taillée
sur mesure pour moi.
Pour ce qui est de l’auteur, nous sommes en présence d’un
personnage fascinant. Lui-même activiste dans ses jeunes années, il réalisa un
jour que les conflits et la confrontation ne font souvent que braquer
l’opposant (souvent la grosse entreprise privée) dans une logique dialectique
de confrontation. Comment alors faire évoluer la pensée, changer les pratiques
et améliorer les comportements des entreprises ? Tom a alors décidé de changer
d’approche. En offrant ses conseils et en accompagnant les entreprises qui sont
profondément et réellement sensibles au fait qu’elles doivent changer leurs façons
de faire quand vient le temps de penser le développement des affaires.
En ce qui concerne le manifeste, celui-ci est d’une grande
simplicité au niveau des concepts. Nous avons cinq grands principes pour
survivre dans l’univers des médias sociaux et cinq autres pour réussir. Ces dix
commandements que nous offre Liacas peuvent sembler simplistes, mais ils sont
tout de même fondamentaux. Des principes comme « Acceptez que vous ne
contrôlez plus le message » et « N’hésitez pas à alimenter vos
réseaux, vos parties prenantes et même vos opposants en informations ». Pour
en savoir plus : http://socialdisruptions.com/fr/
jeudi 14 novembre 2013
Et si on écoutait mes conversations téléphoniques...
J’ai une drôle de confession à vous faire en ce beau jeudi.
En écoutant la Commission Charbonneau et les appels téléphoniques de l’ancien
directeur générale de la FTQ-Construction, j’ai comme eu un malaise. Et si
c’était mes appels téléphoniques qu’on écoutait. J’ai eu le même malaise en lisant les anciens
propos Facebook de Tania Longpré, la candidate du PQ dans la complémentaire de
Viau. Et si c’était mes statuts Facebook qu’on sortait de leur contexte pour me
mettre dans l’embarra.
La réalité, c’est que je n’ai pas de tenu des propos trop
controversés sur les réseaux sociaux pour la seule et unique raison que j’ai eu
la chance de vivre ma jeunesse à une époque où Facebook, Twitter et les
textos n’existaient pas. Quand je
critiquais mon très cher PQ d’amour et que je faisais mes montées de lait sur
différents sujets d’actualité, c’était autour d’une bière dans un bar ou dans
le salon d’un de mes amis. Je vous le dis candidement, une chance que certaines
de mes paroles se sont envolées, car ces dernières aurait pu être des écrits
assez embarrassants pour certaines personnes en commençant par moi-même.
Cependant, à l’ère de l’espionnage politique, je repense à certains
de mes appels téléphoniques. Pas que j’ai
fait des choses illégales. Je suis fier de mon éthique politique.
Seulement, certains appels ne furent pas très élégants. Je me suis alors mis à
imaginer que j’étais assis dans une
salle et que des commissaires, qui n’ont aucune idée des dessous de la joute
politique, me regardaient en écoutant certaines de mes anciennes conversations.
Je vous le jure, j’ai vraiment eu un malaise, car je sais que les discussions
de stratégie et tactique politique ne constitueront jamais la base des discours
les plus inspirants. Cependant, je sais aussi que les deux sont le yin et le
yang pouvant mener à une victoire.
Ce malaise fut confirmé quand, la semaine dernière, alors
que j’étais chez ma mère, j’ai pris un appel que j’attendais en lien avec une
information que je voulais vérifier. Je suis demeuré dans la cuisine avec ma
mère tout le long de la conversation. Aussitôt après avoir raccroché, ma mère m’a
alors demandé comment je me sentirais si je devais faire une écoute publique de
mon appel. Je ne savais pas trop quoi dire.
samedi 9 novembre 2013
Nouvelles d'Outremont
Ironique la vie. Alors que je suis un des rares analystes
politiques à avoir maintenu que nous n’irions pas en élection générale au
Québec avant les fêtes, je me retrouve à devoir aller voter le 9 décembre
prochain dans le cadre d’une élection complémentaire dans ma circonscription,
celle d’Outremont.
Avec Thomas Mulcair comme député fédéral et chef du NPD, nous
nous retrouverons, après l’élection de Philippe Couillard, avec un autre chef
dans la circonscription. Deux anciens collègues du cabinet de Jean Charest
seront donc députés de cette magnifique circonscription. Je ne pavoise pas tant que
ça. Nous aurons deux chefs, mais ce seront des chefs d’opposition.
Je cède la victoire à Philippe Couillard car il n’y aura pas
de candidat du Parti Québécois ni de la Coalition Avenir Québec. Une
courtoisie que je respecte au plus haut
point, mais qui me place dans l’embarra par rapport à mon comportement d’électeur,
moi qui ne veut pas voter pour le chef du Parti Libéral. J’ai comme un petit
problème avec le monsieur.
Voyez-vous, M. Couillard, alors qu’il n’est pas encore élu
dans Outremont, annonce déjà qu’il sera candidat dans Roberval pour la
générale. Ainsi, après Mont-Royal en 2003 et Jean-Talon en 2007 et 2008, ce
dernier est aujourd’hui candidat dans Outremont et prévoit l’être dans Roberval
en 2014.
Se faire élire député n’est pas un mal nécessaire pour
devenir ministre, chef d’opposition ou premier ministre. C’est prendre de haut
le fondement démocratique de notre parlement, le rôle du député et l’importante
relation entre l’élu et le citoyen que d’agir comme M. Couillard le fait depuis
qu’il est en politique.
jeudi 7 novembre 2013
Merci Louise !
Richard Bergeron et Louise Harel ont fait leurs adieux
politiques cette semaine. Triste nouvelle. Nous perdons deux personnes
intègres, tournées vers le bien commun et possédant un sens de l’engagement
dénudé de tout intérêt personnel. Des idéalistes chacun à leur manière. Même si
nous savons qu’une belle relève se pointe à l’horizon, il est important de
prendre la mesure de la page qui se tourne cette semaine.
Personnellement, j’ai eu l’occasion de côtoyer Louise Harel
quand j’étais député de 2003 à 2007. Alors que je faisais de la politique comme
on joue au Hockey, que je donnais mon 110%, que je travaillais fort dans les
coins et que je ne disais jamais non à un combat, cette femme fantastique me
fit prendre conscience que la politique relevait beaucoup plus du jeu d’échec
que du hockey.
C’est avec Louise que j’ai appris comment faire de la
politique à l’intérieur de l’Assemblée. Comment utiliser le temps des
commissions parlementaires et des débats de toutes sortes pour positionner un
message et une idée sans oublier de faire compromettre nos adversaires sur
différents sujets. Comment tirer le maximum d’un dossier perdu d’avance pour
positionner des messages et des idées qui seront si importants dans le dossier
qui se pointera le bout du nez quelques mois plus tard. Comment éviter de
sortir du jeu trop rapidement un acteur qui pourrait nous être utile plus tard.
Comment éviter de tomber dans le piège d’une attaque facile qui déstabiliserait
notre défense. Et tellement d’autres choses…
J’ai ainsi accumulé 20 ans de sagesse en côtoyant Louise
Harel pendant quatre petites années. C’est certainement ce qu’elle a apporté à
tous ceux et celles qui ont eu la chance d`être à ses côtés à Montréal ces
dernières années. Ainsi, si nous avons une belle relève, c’est aussi parce que
ceux et celles qui étaient là hier, ont outillé adéquatement ceux et celles qui
seront là demain.
Merci Louise !
dimanche 3 novembre 2013
Movember, pas pour moi.
J’ai toujours eu un malaise avec Movember. Vous savez,
l’événement annuel du mois de novembre où les hommes se laissent pousser la
moustache pour sensibiliser l’opinion publique sur les maladies masculines
comme le cancer de la prostate.
Premièrement, j’ai toujours vu ce mouvement comme une
réponse jalouse et revancharde au mois d’octobre tout en rose dédié au cancer
du sein. C’est comme si les hommes répondaient aux femmes en leur disant, nous
aussi, nous avons des maladies spécifiques.
Deuxièmement, je ne crois pas que les hommes aient besoin
d’une telle opération pour sensibiliser les grandes compagnies pharmaceutiques
sur les maladies masculines. Le pouvoir d’achat et la richesse étant encore
entre les mains des hommes, vous pouvez être certains qu’aucune maladie d’homme
ne restera sans recherche. On ne peut pas en dire autant pour les maladies qui
touchent spécifiquement les femmes.
Troisièmement, et d’un point de vue un peu plus personnel,
je préfère garder mon visage imberbe. J’ai toujours ainsi le plaisir de donner
des bisous et d’avoir de très bons commentaires des personnes qui les
reçoivent.
jeudi 31 octobre 2013
Des monstres à Ville Mont-Royal.
Quelle belle fête que celle d’Halloween! Quand on est
enfant, cette fête se classe certainement dans notre top 3 avec Noël et notre
propre fête. On y retrouve tous les ingrédients qui font de cette journée, un
moment magique. Les bonbons, le chocolat, le groupe d’amis et les déguisements.
Je ne sais trop pourquoi les enfants adorent les maquillages et les déguisements,
mais cette période de la vie où tout est enchanté en est une qui colle bien à
la fête d’Halloween.
Ainsi, chaque année nos petits monstres sortent de leurs
maisons déguisés avec le plus gros sac possible, à la recherche de centaines de
petits bonbons. Un moment précieux où en profite pour célébrer la vie, juste avant d'arriver en novembre et se souvenir des morts.
J’ai malheureusement vécu dans une ville où la fête prenait
une drôle de tournure. Ville Mont-Royal pour ne pas la nommer. Chaque année, le
rituel du 31 octobre est d’une tristesse inouïe.
D’abord on barricade la ville
pour s’assurer que les enfants des quartiers pauvres des alentours
(Parc-Extension, Côte-des-Neiges) ne puissent pas profiter des sucreries des
gros riches de Montréal. On dit que la ville est barricadée par mesure
préventive pour éviter que les enfants se blessent ou se tuent en traversant
les axes routiers qui séparent Ville Mont-Royal des autres quartiers. Et dire
que les policiers sont par dizaines à s’assurer de la sécurité des gosses de
riches dans les murs de la ville. Pourquoi pas quelques ressources additionnelles
pour la périphérie ?
Par la suite, le spectacle devient encore plus désolant, quand, à quelques
maisons, les gens qui font la distribution des bonbons demandent aux jeunes
leurs adresses avant de déposer le maudit bonbon à une cenne au fond du sac du
petit monstre. Quel spectacle désolant, navrant et humiliant.
dimanche 27 octobre 2013
L'Armageddon en chanson
Un des albums qui a marqué mon cégep fut certainement Mind
Bomb de The The. Un album presque entièrement consacré aux dérives religieuses.
Il faut dire que du haut de mes 17 ans et alors que je faisais mes premiers pas
en politique, je mélangeais encore la laïcité et l’anticléricalisme. Je
forgeais tout de même les premiers contours de ma pensée civique et le
religieux y était exclu. La religion n’étant qu’un opium servant à faire rêver
les masses pour les exploiter dans le plus grand calme et la plus totale
acceptation.
Fièrement à gauche, je méprisais les humains comme si ceux-ci
n’étaient pas assez intelligents pour établir une société juste. Moi,
avant-garde éclairée, je savais tout et regardais de haut ceux et celles qui se
complaisaient dans la médiocrité du système capitaliste. Quelle était belle
cette époque où tout était soit bon, soit méchant, noir ou blanc. Le gris fit
son apparition il y a déjà quelques années et pas seulement dans mes cheveux.
En effet, je découvrirai les beautés du genre humain plus tard dans mon
cheminement intellectuel.
Je parle de tout ceci parce que je suis tombé dernièrement
sur une des chansons de l’album culte de mon cégep en laissant mon iPod me
proposer aléatoirement des morceaux de ma bibliothèque. Je vous propose en mes
mots une certaine traduction de ce que disait en 1989 la chanson « Armageddon
days are here again ».
jeudi 24 octobre 2013
Les principes du chevalier
Cette semaine, dans le cadre de l’Autre gala de l’ADISQ, Manu
Militari a répliqué à Cœur de pirate qui avait été méchante avec ce dernier en
doutant de sa victoire trois ans auparavant. Trois ans !!! Tout au long de ces
36 derniers mois, le gars a rongé une rancœur qui est ressortie cette semaine.
Décroche!!! Tu gagnes un Félix (un autre) dans la catégorie hip-hop. La voilà
ta réplique. Pourquoi transformer une victoire en vengeance?
Cette triste anecdote m’a rappelé un des grands principes en
vigueur jadis chez les chevaliers; Nous devons être nobles dans la défaite et
humbles dans la victoire.
J’ai malheureusement croisé des personnes en politiques, et
même dans mes emplois, qui s’éloignaient de ce grand principe et qui avaient la
même attitude de vengeance lors de leur victoire. Des personnes qui espéraient se retrouver en
situation de force ou d’autorité pour assouvir une volonté intérieure de donner
la réplique ou rendre la monnaie de leur pièce à des personnes qui avaient été
méchantes envers elles.
C’est ne rien comprendre du pouvoir que de le vouloir pour
des raisons aussi basses. Ces personnes ne sont pas des chevaliers, ce ne sont
que des égoïstes et des mercenaires. Quand les gens en situation de force ou de
pouvoir profite de leur situation pour se faire plaisir face à ceux et celles
qui les ont heurtés, ils oublient les responsabilités qui viennent avec ce même
pouvoir. C’est à se demander s’il est possible de faire usage du pouvoir sans
en abuser.
J’ai toujours aimé le pouvoir et je ne m’en suis jamais
caché. Quel outil magnifique pour agir
et changer les choses! Je ne dis pas que tout le monde doit être heureux quand
on prend des décisions, mais celles-ci doivent être guidées par le bien commun
et les intérêts du groupe. Cependant, à force de voir ceux qui ont le haut du
pavé profiter personnellement de leur situation pour régler des comptes plutôt
que se casser la tête à en faire profiter le plus grand nombre, il est normal
que nous regardions avec un certain cynisme ceux et celles qui nous demandent de
les choisir pour nous gouverner.
Tout ceci m’est venu en tête à cause d’une réplique de Manu
Militari, imaginez tout ce qui me vient à l’esprit quand j’écoute la période de
questions…
samedi 19 octobre 2013
Cacher le sang
Quelle hypocrisie de voir toutes les personnes s’indigner
devant le rituel musulman du sacrifice du mouton. Comme si cette pratique était
plus barbare que ce qui se passe dans nos abattoirs industriels. Soyons
honnêtes, nous ne voulons juste pas voir par quelles atrocités passent les
animaux avant de se retrouver dans nos assiettes.
Certains disent que ce n’est pas le rituel le problème, mais
bien que tout ceci se fasse en présence des enfants. Dans quel Québec vivent les
gens qui disent de telles choses? Issu d’une famille de chasseurs et de
pêcheurs, je peux dire que dès mon très jeune âge j’ai appris, en regardant mon
père et mes oncles, comment prendre une perchaude et en faire des filets et comment
débiter un chevreuil pour maximiser la viande et éviter les maladies. Je ne
sais cependant pas comment plumer un canard, mais mes tantes sont excellentes
pour cette tâche. Suis-je issu d’une famille de barbares ?
Je me souviens de ma première journée de pêche avec mes
filles. Quand fut arrivé le moment de préparer les poissons, je les ai invitées
à venir me voir faire. Les yeux ronds comme des dollars, elles me regardaient
prendre mon couteau de pêche et transformer leurs prises en filets. Je suis convaincu que ce rituel de la
préparation des poissons ajoute un aspect très instructif pour des enfants qui
pensaient jusqu’à ce moment que la viande provenait de l’épicerie. Vous auriez
dû voir les yeux qu’elles avaient quand elles ont vu dans leurs assiettes les
perchaudes qu’elles avaient elles-mêmes pêchées.
mercredi 16 octobre 2013
Les habits neufs de l'empereur
Vous connaissez l’histoire des habits neufs
de l’empereur? Vous savez cette histoire d’un empereur qui avait engagé
deux tailleurs pour lui confectionner le plus bel habit que personne n’avait
porté avant lui. À fort prix, les tailleurs avaient accepté le contrat et,
plutôt que de livrer la commande, ceux-ci avaient fait croire à l’empereur, qui
ne voyait jamais aucun habit, qu’il était le seul à ne pas voir le précieux
tissu.
Le grand jour arriva et l’empereur se promena nu, pensant
qu’il portait l’habit en question. La foule estomaquée de le voir nu, se
taisait, laissant ainsi l’empereur croire qu’il portait les plus beaux habits.
Tout se déroula correctement jusqu’au
moment où un enfant cria que l’empereur était nu. À ce moment, tous
éclatèrent de rire. L’empereur était humilié et les tailleurs déjà loin avec l’or.
Je vous raconte cette histoire parce que j’ai l’impression
que c’est ce que nous vivons avec nos politiciens depuis quelques années. Ils
ont tous tellement confiance en leurs responsables des communications, qu’ils
se présentent devant le peuple en disant des énormités. L’ensemble de la
population écoutent d’une oreille suspecte en se demandant bien pourquoi le
politicien nous sert un tel discours cousu de fil blanc.
Même l’opposition politique, supportée par le même genre de bonzes
des communications, préparent une réplique toute aussi énorme. Pire encore, la
plupart des journalistes rapportent l’échange entre politiciens comme si la
joute communicationnelle était plus importante que le fond de la question.
Rarement on s’attarde aux fondements du discours du politicien. On appelle ça
la bulle.
Quand la bulle (le pouvoir, l’opposition et les médias) est
sous l’emprise des spécialistes des communications (les tailleurs), nous pouvons
jouer le rôle de l’enfant qui crie, et avec les médias sociaux, nous avons
maintenant les moyens. Pas tous les cris des enfants du Net que nous sommes
deviendront viraux et feront le tour du web, mais quand certains de ces cris se
tisseront un chemin jusqu’à des milliers d’oreilles, certaines personnes
n’auront d’autre choix que d’aller se rhabiller.
samedi 12 octobre 2013
Scandale informatique
Je dis ça comme ça, mais je pense que ça ne sent vraiment
pas bon du côté des compagnies de services informatiques. Je comprends qu’on
peut avoir une explosion de coûts, mais passer de 89 millions à 1 milliard pour
des projets d’informatisation du gouvernement me semble assez énorme. Nous ne
sommes plus dans l’explosion, mais bien dans le Big Bang originel.
Et si la nouvelle de cette semaine n’était pas en fait
qu’un Big Bang se trouvant à l’origine d’une réflexion profonde sur une
industrie où la corruption et la malversation seraient tout aussi présentes que
dans les firmes de communication (Commission Gomery) ou dans l’industrie de la
construction (Commission Charbonneau)? Il n’est pas rare qu’une première
nouvelle tombe juste pour en placer d’autres qui suivront.
Une chose est certaine, le gouvernement, même si ça semble
lui arriver toutes les semaines, n’aime pas avoir l’air fou. Autant il ne semble
pas posséder les ressources internes pour soutenir de façon autonome ses projets ou contre évaluer les
propositions des ressources externes, autant il semble déployer sans compter
toutes les ressources nécessaires pour laver sa réputation et jeter le blâme
sur ceux et celles qui l’ont floué.
Si les compagnies de services informatiques s’ajoutent aux
firmes de communication et aux bureaux d’ingénieurs, nous devrons comprendre
une chose : tous semblent profiter du capharnaüm gouvernemental pour
grossir les factures et siphonner à l’os les deniers publics. La question qui restera à se poser sera la
suivante : À quand une commission d’enquête sur la fonction publique, sa
gouvernance et sa désorganisation ?
jeudi 10 octobre 2013
L’hassidique et le chanteur
Patricia Tulasne se présente à la mairie, Marie Plourde
candidate sur le plateau et Philippe Schnobb dans le quartier gay, est-ce que
la mairie de Montréal est devenue le sénat de nos stars de la télé ? Il faut
dire qu’avec l’arrivée en politique de Bernard Drainville, Pierre Duchesne et
Raymond Archambeault, le réseau ICI (formely knowned as Société Radio-Canada) ressemblait
lui-même au club école du Parti Québécois.
Vous pensez que la liste de nos vedettes qui se lancent en
politique s’arrête ici ? Oh que non! N’oublions pas celui qui chante les hymnes
nationaux avant les parties à domicile de nos Canadiens. Je parle bel et bien
de M. Charles Linton-Prévost. Il se présente dans mon district, le merveilleux
district de Claude-Ryan dans l’arrondissement Outremont. Il fait partie d’une
équipe indépendante (Conservons Outremont) et se présente avec la mairesse
d’arrondissement sortante, Mme Marie Cinq-Mars.
Une des personnes qui se présente contre lui dans mon district est nul
autre que Mindy Pollack, la première juive hassidique à faire le saut en
politique.
Je vous parle de ça parce que les deux sont venus me voir chez
moi. D’abord Mindy l’hassidique. J’étais surpris de la voir à ma porte. Il faut
admettre qu’il est rare que nous ayons la chance de converser avec quelqu’un de
la communauté hassidique (Encore moins en français…). Elle était sympathique,
mais avec la problématique des synagogues illégales dans le quartier, sans
parler des écoles et des garderies, je me demande comment elle fera pour faire
appliquer les lois. Se présente-elle pour les faire appliquer ou plutôt pour le
contraire? Ah la confusion que nous pouvons ressentir quand la démarcation n’est
pas nette entre le politique et le religieux. Passons.
Plus tard dans la semaine, ce fut au tour de Charles le chanteur
de passer par chez moi. J’étais surpris de le voir à ma porte. Il faut admettre
qu’il est rare que nous ayons la chance de converser avec une vedette de la
télévision. (Ils sont tous plus petits que nous croyons…) Il était sympathique,
mais avec le passé à Union Montréal de Mme Cinq-Mars (l’Équipe de Gérald
Tremblay), je me demande comment on peut si facilement, en changeant simplement
de nom de parti, faire oublier le passé de corruption de cette administration.
Ah la confusion que nous pouvons ressentir quand la démarcation n’est pas nette
entre le passé et le présent. Passons.
Je suis donc là, devant un dilemme où Projet Montréal me
présente une candidate qui ne m’inspire pas et celui qui me semble convenable
se présente pour une équipe au passé douteux. Je ne vous dévoile pas mon
intention de vote. Je vous dis cependant que la chance que j’ai avec les élections
municipales, c’est que je peux voter pour un maire d’arrondissement de Projet
Montréal et un conseiller de Conservons Outremont.
samedi 5 octobre 2013
La sagesse
« Quand M. Parizeau parle, on écoute. » Cette
phrase est certainement une de celles que j’ai entendues le plus souvent quand
je militais au Parti Québécois. Personnellement, je n’ai jamais fait grand cas des
propos de Monsieur. J’ai toujours eu plus d’accointances avec Lucien Bouchard.
Cependant, quand M. Bouchard ajoute sa voix à celle de M. Parizeau, il me
semble que nous devrions tous écouter.
Ce qui me fait le plus réfléchir dans les sorties de
nos deux anciens premiers ministres souverainistes, c’est leur inquiétude à
propos d’une distance qui semblerait s’élargir entre le Parti Québécois et les
communautés culturelles. (même M. Landry a ajouté son inquiétude à ce sujet) Cette
situation profiterait au gouvernement fédéral et aux fédéralistes qui se
placent dans ce débat comme ceux qui offrent une certaine ouverture d’esprit et
une réelle main tendue aux nouveaux arrivants.
Nous savons pourtant qu’il en est rien. Les Canadiens et les fédéralistes ne sont pas plus ouverts d’esprit que les souverainistes
québécois. Les fédéralistes n’ont pas plus à cœur l’intégration des immigrants
que les souverainistes. Au contraire, les fédéralistes ont d’abord et avant
tout à cœur l’unité canadienne. C’est cette volonté qui est la base de leurs
relations avec les immigrants. Tous savent que ces derniers constituent un
élément clé dans la victoire ou la défaite lors d’un référendum sur la
souveraineté. L’immigrant n’est donc pour les fédéralistes qu’une marchandise
électorale et référendaire.
Ne bousillons donc pas la réelle ouverture de la société
d’accueil québécoise et ses immigrants en allant trop rapidement dans nos
changements sociaux (aussi justifiés puissent-ils être). Ainsi, quand certaines
personnes pensent que MM Parizeau et Bouchard nous disent que la charte va trop
loin, ce que je comprends, c’est que le gouvernement semble aller trop vite.
Avancer lentement dans ce dossier avec de large consensus serait plus
profitable pour tous que d’aller rapidement sur la base d’une profonde
division.
jeudi 3 octobre 2013
Identité, économie, solidarité.
Quand j’étais président du Parti Québécois, nous avions
organisé trois colloques préparatoires au grand congrès des membres; un premier
sur l’identité, un autre sur l’économie et un troisième sur nos solidarités. Le
but était d’établir des consensus autour de ce qui constitue l’ADN du PQ et qui
le démarque des autres formations politiques.
Je vous parle de ça parce que j’ai remarqué, comme plusieurs
d’ailleurs, que depuis quelques temps le gouvernement du Québec tente de multiplier
les annonces à saveur économique. Tant les investissements publics dans les
infrastructures, que les investissements privés créant des emplois sont portés
à l’avant-scène depuis quelques semaines. La première ministre débutant
systématiquement ses interventions en parlant de son obsession de l’emploi.
J’étais de ceux qui disaient depuis la rentrée parlementaire
que la question de l’identité, bien qu’importante, ne pouvait pas constituer à
elle seule un projet de gouvernement. Bien que je sache que nos politiciens
sont capables de marcher et de mâcher de la gomme en même temps, il me semblait
que les questions économiques et celles relatives à nos solidarités n’étaient
suffisamment présentes dans les interventions publiques du gouvernement.
Même si certains y verront une stratégie de communication,
il n’en reste pas moins que l’économie, tout comme l’identité et la solidarité
sont des sujets importants puisqu’ils sont les piliers sur lesquels le Parti
Québécois doit définir son code source et ainsi démontrer clairement en quoi il
se distingue des autres partis. C’est cette distinction qui aidera les
Québécois à faire un choix lors des prochaines élections.
Vous aurez donc compris que maintenant que nous parlons
d’économie, après avoir passé quelques semaines sur l’identité, j’ai hâte que
nous parlions davantage de solidarité…
vendredi 27 septembre 2013
La cigale et la fourmi
Je suis en troisième année et je dois apprendre par cœur « La
cigale et la fourmi ». -Encore aujourd’hui, je peux réciter facilement ce poème.- Je dois aussi expliquer dans un de mes devoirs
ce que l’auteur veut nous apprendre. Je demande donc à ma mère quelle est la
morale de cette fable. Je me souviendrai toujours de sa réponse. Elle me dit
« de La fontaine n’a jamais compris à quel point les cigales sont tout
aussi importantes que les fourmis dans la vie ». Plus tard, je comprendrai
qu’elle ne me parlait pas du rôle des insectes dans le règne animal.
Je vous raconte cette anecdote parce que ce sont les Journées de la culture ce
weekend. Des journées vouées à nos cigales nationales. Depuis des années, je me
fais un devoir d’y participer et d’y apporter mes enfants. Je ne sais pas si je
dois établir un lien, mais mes deux filles sont maintenant en option théâtre au
secondaire. Elles y apprennent la science de la fourmi et l’art de la cigale - et
vice versa.
Pour ma part, je ne suis qu’une fourmi avec des rêves de cigale.
La musique que j’écoute inspire mon travail. Les films et les téléromans font
baisser mon stress. Les tableaux et photographies agrémentent les murs de ma
maison. Les pièces de théâtre que je vais voir constituent des moments
privilégiés où je prends du temps pour moi. Et la danse, ah la danse… À chaque
fois que je regarde un danseur, je réalise avec humilité à quel point la
discipline nous rapproche d’une certaine perfection.
Alors chaque année, quand la cigale vient cogner à ma porte,
je me fais un plaisir de lui ouvrir, car je sais que sans elle, ma vie de
fourmi serait bien triste. Bonne fin de
semaine à tous !
dimanche 22 septembre 2013
The Montreal marathon
Sans grande surprise, j’ai appris que le français n’était
pas la langue d’usage des vendeurs du temple qui profitent du super événement qu’est
le Marathon de Montréal. On apprend que plusieurs kiosques érigés dans le cadre
de cet événement n’affichent qu’en anglais. Pire encore, certains commerçants
ne sont même pas capables de parler la langue d’ici. (Voir
le reportage en cliquant ici)
Les gens de l’Office de la langue française nous disent que
tout ceci est légal puisque les entreprises qui n’ont pas pignon sur rue au
Québec, et qui ne se présentent que dans le cadre d’expositions et d’événements,
ne sont pas soumises à la loi 101. Avouons une chose : Ce n’est pas long
que ça se passe en anglais quand aucune loi ne vous oblige à faire les choses
en français.
Les commerçants ne sont pas dans l’illégalité, mais où est
la courtoisie, le désir de séduire pour développer des affaires? C’est à ce
moment où l’intervention citoyenne devient importante. Jamais une loi ne
remplacera la fierté, la dignité et le respect. Il en revient donc à nous d’imposer
le respect là où la loi 101 ne s’applique pas.
Pour le reste, aussi bête que cela puisse sembler, il semble
que c’est mieux de dire « Je tiens un stand ce weekend » que « Je
tiens un kiosque cette fin de semaine ». Ce n’est pas moi qui le dis, c’est
Antidote…
mercredi 18 septembre 2013
Brasse-camarade autour de la charte.
Si vous pensez que les souverainistes se déchirent sur la
question de la charte des valeurs, c’est que vous ne regardez pas attentivement
les progressistes. En effet, un déchirement assez important se produit en ce
moment au sein de la gauche québécoise. Les intellectuels, leaders syndicaux et représentants d’organismes communautaires sont loin d’être tous sur la même
longueur d’onde lorsque vient le temps de parler de cette fameuse charte.
J’étais dans une réunion où des représentants de tout ce
beau monde étaient présents et quand nous avons abordé la question de la
charte, outre les questions de fond, les accusations à l’endroit de certains
porte-parole de gauche anti-charte se faisaient entendre. La plus savoureuse
fut certainement celle-ci :
« Après la « gauche-caviar » qui vit dans des maisons inabordables du Plateau Mont-Royal et qui porte la cause ouvrière que dans les salons de thé, nous avons maintenant une « gauche-tajine » qui, dans le confort de son terroir, donne des leçons de pluralisme et d’ouverture en faisant passer les sympathisants de la charte pour des racistes et des xénophobes. »
On appelle ça du brasse-camarade mes amis!
Je demeure convaincu que la discussion doit se faire sur le
fond de la question et non sur les individus qui font valoir leurs opinions. Que
nous devons nous en tenir au texte et à ce qui est dit plutôt que de prêter des
intentions au gens qui participent aux échanges. Cependant, force est de
constater qu’un débat qui prend racine dans les idéologies (tant religieuses, politiques qu’économiques)
possède une part importante d’irrationnel qui donne de drôles de couleurs à la
discussion.
Pour le reste, j’ai trouvé une recette de tajine au
caviar d’aubergine (aubergine
du Québec il va sans dire). Je pense que je vais me faire ça en fin de
semaine.
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